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Kwes

Kwes est un producteur de 22 ans (The XX, Elan Tamara) qui manie aussi bien les synthés que les beats anxiogènes. Il mêle l'ambient et la rapidité de l'electro enfumée avec talent. Le 12 juillet sort son EP No Need To Run sur le label Young Turks

Kwes / No Need to Run by Young Turks

SUBLIMINAL SANDWICH : MEAT BEAT MANIFESTO : Verset 1996





Bouillonnant mélange de dub, d'indus et d'électro le projet Meat Beat Manifesto trouve ses racines au milieu de l'année 1986 ; lorsque Jack Dangers et Johnny Stephens forment Periennal Divide un groupe dans la plus grande tradition pop. Leurs premiers efforts sont publiés sous la forme d'un double 45 tours Meat Beat Manifesto.

10 ans plus tard, Dangers a quitté sa vallée anglaise du Swindon natale pour s'installer à San Fransisco. MBM connaît un essor particulier parce que Wax Trax (label de Ministry) et Nothing (Label de Trent Reznor) s'intéressent à son sujet. Il est à la tête du monstre entouré d'une multitude de collaborateurs.

MBM propose des concerts oniriques où se mêlent vidéos, clips des musiciens jouant sur scène, vrais zicos, danse moderne (orchestrée par Marcus Adams dans des costumes de Craig Morrisson) ; une expèrience rare.

"Subliminal Sandwich" est destiné à être le premier album à sortir sur un gros label. La très grande variété de l'album et son format gargantuesque ( Double album - 141 minutes) ainsi que les divergences avec le label PIAS, plongent cet album novateur dans les limbes de l'anonymat. Tout au plus Asbestos Lead Asbestos connaîtra les faveurs du public et de la critique.

14 ans plus tard, c'est une trace indélébile que nous retrouvons à l'écoute de cette plaque qui réussit à mélanger les genres, greffer les samples et échantillonner une forme de funk blanc rarement entendue depuis.

Album Magistral ! Album Maudit !


NO TV TODAY - ... And Maybe Tomorrow Too...-


Dans les nouvelles inattendues qui font plaisir, cette année 2010 s'amorce avec cette re-issue du premier album de NO TV TODAY. L'album étant sorti initialement en octobre 2008 sous sa forme matérielle (il était "online" depuis le début septembre).

Ce groupe est le projet d'un seul homme, Le Radiologue, connu pour travailler tantôt sur le projet d'un label (La Vanne Production), et le plus souvent sous des formules de podcast (Le Service radiologique, Minisessions by Le Radiologue, The Berliner Broadcast Facilities). Ce faiseur de sons multi-tâches affectionne aussi particulièrement l'image comme en témoignent les sites sur lesquels, il opère.

Après un quatre titres ultra-confidentiel (sous le nom de Bugsley) où figure l'extraordinaire plage Notre-Dame; Le Radiologue se livre donc en une pièce de 9 plages "- ...and Maybe Tomorrow Too...-".

L'essai est réussi, là où dans un premier temps, Nous aurions pu penser à une fornication débridée entre Cerrone et Prodigy (ce qui, convenons-en, est d'un vulgaire !). On se confronte, comme l'annonce l'un des fans, à une réunion de travail entre Jean-Michel Jarre (sic) et Aphex Twin (au soleil les doigts de pieds en éventail). La force du propos est de mêler les 2 en conservant juste le meilleur. Pour ma part, c'est du côté des travaux d'Amon Tobin que se tournent mes pensées. Une mutation bâtarde entre nuées cristallines, rythmes secs et claustrophobie aérée.

Une plaque où l'Electro n'est pas là pour faire flonflon où les rythmes atones s'entrechoquent pour en faire un disque dont tu es le héros (autre référence 80's s'il en est) "- ...And Maybe Tomorrow Too... -" Off Course !



Bettina Koester // Queen of noise

Pour ceux qui ne connaitraient pas Bettina Koester, petit rappel précieux: celle-ci fut, avec deux "rescapées" d'Einstürzende Neubauten première période, la fondatrice de Malaria! , formation féminine culte du rock allemand et de la scène cold/new-wave de l'époque, dans un Berlin hautement inspiré.

Depuis, Bettina a pris ses distances avec l'industrie musicale, s'adonnant à des projets "autres". Puis en 2007, l'envie lui est revenue, et de sa collaboration avec des musiciens venus de Berlin, de Vienne et du sud de l'Italie nait ce superbe album, sorte de version "réactualisée" de Malaria, entre essais au sommet (Ocean drive), électro bondissante, rock tranchant et vagues cold. Le tout sur douze titres qui à aucun moment ne faiblissent, la native d'Allemagne de l'ouest se permettant même de reprendre les Beatles en ouverture (Helter skelter, ni plus ni moins, dopé à l'électro mécanique et groovy, magistral!), puis le Velvet avec un Femme Fatale aussi poignant que l'original, doté d'un fond sonore sobre et délicat. Le cap des reprises brillamment franchi, les compositions personnelles étoffent la palette de belle manière, comme ce Crime don't pay (stupid) assez cosmique, déchiré par des riffs brefs et tranchants et perverti par un chant à la fois froid et presque sussuré, ou Fianc' a fianco qui met en valeur la magie émanant des trames sonores, prenantes à souhait, dressées par Bettina et ses acolytes. A l'image des grands, de ceux qui disposent d'assez d'audace et de talent pour engendrer un rendu dont la seule origine se trouve être leur esprit fertile et déviant, Bettina brasse, détourne, malaxe et ne recule devant rien, comme sur Regina et son électro spatiale et hachée ou ce Holy water à l'ambiance intriguante, calme en apparence mais qui exhale un certain trouble.

Plus loin, Grab me réinstaure ces séquences électro célestes, truffées de sons judicieux, puis Confession renoue avec les atmosphères poisseuses et envoûtantes dont l'Allemande a le secret, avant que Pity me ne valorise une voix chaude, sur un fond jazzy-cabaret avenant. Comportant de nombreuses références à Pier Paolo Pasolini, l'album impose ensuite un Via Pasolini vif, pas éloigné de Malaria!, complètement addictif, obsédant à l'extrême, relevé par des guitares nerveuses (l'opus décrit en ces lignes en compte une belle fournée, ce dont on se réjouit forcément), et prend fin sur Thar she blows, fin et revêtu d'un apparat sonore chatoyant.

Hybride, pouvant être assimilé à un Objet Sonore Non Identifié, ce "Queen Of Noise" bien-nommé constitue un coup de maître et marque un retour dont la matérialisation sonore risque, de par sa nature et sa valeur, son génie omniprésent, de ne trouver aucun prétendant valable sur l'échiquier international. Superbe disque, unique et définitif.