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Playlist #3 // Il fait -8000


 (photo)
Diantre il fait un froid de gueux on gèle on se les caille il doit bien faire -8000. Mais putain c'est noël alors on va bien pouvoir vivre ça encore un ou deux jours, avant de s'étaler dans le mousseux à la dinde sans chausser ce qu'il fallait.

Noël est une période d'inexorable merde pour la musique; on coffre tout les grands maîtres, hop jim morrison hop hop nirvana hop toute la tripotée de classiques en coffrets classieux, illustrés, légendés, visibles, écrit en gros caractères. Il y a aussi les puritaines chansons puritaines ressorties du placards par des groupes un peu indés, auxquelles on ajoute quelles cloches, un funambule et des petits christmas de temps en temps. Mais le pire, le sacré du pire; c'est Dylan. Il s'enfonce avec sa voix périmée dans l'inconfortablement niaise comptine de noël avec un orchestre coincé sur son album au nom d'une association caritative pour enfants sans machoires : Christmas In The Heart. Bien évidemment, c'est Dylan, et tout est pardonnable à Dylan, puisque c'est Dylan.

Julian Casablancas -  I Wish It Was Christmas Today
Et noël passe comme un cachet dans la soupe puisqu'il y a cette incontestable classe un cheveux rebelle un cheveux sale. Julian s'en sort donc bien & écrase l'ambulante merde de cette vague de joie.

Band Of Horses - The First Song
On pense à un vieux groupe indie sans originalité avec l'instrumentation efficace et simple, jusqu'à ce que cette voix nous possède.

The Hooves - A Hooves Christmas
Tu ne mérite rien. Si noël te fait chier autant que moi, tout ce baratin pour un truc dont on a bien oublié l'origine, rallie toi à ce caca.

Richard Hawley - Silent Night
 Richard Hawley est celui qui, si intimement, se lie avec ses auditeurs par cette douceur infinie. Ici, pas de cliché, juste une émotion pure. Magnifique reprise.

The Snowballs - Song About Christmas
Ils s'en sortent pas mal; s'en sortiraient sans doute beaucoup mieux si le chanteur savait chanter.

Et puis il y a aussi ce vieux Christmas album de Sufjan Stevens.

Gang of Four - toujours là ?


À l’occasion d’un festival indie au gibus, spécial papes ultra-branchés du rock, dans les caves violacées et fumantes, ambiance érotico-toxico-musicale, un retour sur une scène indé-punk était fortement conseillé.
Première étape de cette remise à jour, le groupe anglais le plus connu de la scène pas connue, traduisons « underground » pour faire pro: je vous le donne en mille, c’est Gang of Four (vous noterez au passage le subtil jeu de mots)
Quatre étudiants de Leeds, qui à l’époque n’avaient pas encore Facebook, et ne pouvaient pas encore faire partie du groupe de ceux qui adorent le CBGB ou être ami avec Tom Verlaine de Television.
Qu’importe, à l’époque on savait faire parler de soi sans faire chier tout son réseau social merdique. Alors évidemment, pour parler de Gang of Four, on parlera d’Entertainement ! Parce qu’il faut bien le dire, après ça, le groupe n’est qu’une succession de come-back plus ou moins ratés. Fin des années 70, les 4 autres garçons dans le vent posaient donc la pierre angulaire d’un rock-punk-funk, on-sait-pas-trop-où-le-mettre, qui se danse, et qui allait inspiré les futurs protégés du label domino (Franz Ferdinand, Arctic Monkeys, Bloc Party) ou même les RHCP ou autres Fugazi, et Sonic Youth. Une sorte de musique première intention, Gill fait de la guitare comme Bukowski écrit des lignes, c’est un joyeux bordel pourtant très carré. À ma droite, une Guitare funk à moitié (dés)accordée, son aigu, clair et grinçant. Presque autant que les paroles. C’est du vrai punk, la rage est là, les convictions. À ma gauche on rajoute une basse rondouillarde mise en exergue, ce fut ainsi que naquit le punk revendicatif de dancefloor, « et dieu vit que cela était bon. » Pour faire court: Aliénation (Damaged Goods), anti-amour (Anthrax), politique, colère - les textes regorgent de thèmes qui foutent les nerfs, font lever le poing en criant « mais putain mais qu’Est-ce que c’est là j’ai envie de péter un truc »
Single Punk (ça existe ça ???), Damaged Goods, est l’une des meilleures chansons que les années 70 nous aient pondues.
Dans cette noirceur très rouge, rouge de la jaquette (et je ne parle pas ici d’orientations sexuelles), les Vrais cocos du punk anglais, loin devant des Who lavés à l’Omo (et je ne parle toujours pas d’orientations sexuelles merde, la rigidité de vos mœurs vous monte à la tête), sont les porte paroles d’une génération qui a soif de gueulante, et de musique nouvelle.
Les Geezers sont des enfants de ce club qu’on appelle CBGB outre atlantique. À coup sûr c’était la bande son des ébats de Charles Windsor dans ses jeunes années, lors de ses fornications Under the consentement of the Queen (non non non et non, je ne parle pas d’orientations sexuelles, c‘est pas vrai ça). C’était l’époque où, pour faire comme le prince, les petites british non plus, n’avaient rien sous le kilt. Pendant ce temps là dans l’Albion, Les 4 potes turbulents eux, en avaient dans le froc
« Two steps forward, six steps back », si on était polémistes, on dirait qu’ils avaient raison, et que 40 ans plus tard, ça n’a pas vraiment changé.
Alors, par pitié, faites nous de la musique comme ça !! On en redemande !! Donnez nous enfin une vraie raison d’apprécier les caves punk branchées regorgeant de groupes branchés punk.

Sleepy Sun; on avait pourtant dit que les hippies, c'est fini


Des chansons à rallonge, une allure digestive arrogante, ce blues synesthésique viré sur des mélodies si psychédéliques qu'on aime dès la première écoute. "White Dove" m'a captée, hapée, entrainée dans ce marasme dégueulasse et vintage où l'instrumentation riche et réfléchie inonde d'une tranchante guitare tranchante mes lapidées oreilles lapidées. On change d'ambiance et de douceur toutes les minutes de peur de tourner en rond, alors on s'étend délicatement sur une intro minimale puis explosée à la Entrance Band, guitares tournoyantes et roundpan exigeant. Parfois on vire dans le pire du glauque (autour de 5:40), avant de s'étaler et répandre une boue collante nettoyée par une pseudo ballade folk faussement niaise. Putain! Ce morceau est un album entier à lui même, il concentre l'inventivité, l'énergie et les émotions d'une quinzaine de titres tirés par tout les côtés.
Sleepy Sun et ses manèges hallucinants (également visuels) aux petits airs de Black Mountain et de Black Angels nous boufferons tout l'hiver. J'éspère.

Sleepy Sun - New Age
Sleepy Sun - White Dove
Sleepy Sun - Snow Goddess