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Martin Dupont...

Avec un nom pareil, on aurait pu s'attendre à un répertoire basé sur la chanson française. Loin de cela, Martin Dupont évolue dans une sphère new-wave et cold-wave des plus passionnantes, datant des 80's et n'ayant pas pris la moindre ride, surtout à l'heure ou surgissent les revivals les plus divers et inégaux qui soient.
Entre T21 et Kas Product, l'un des fleurons, culte, d'une scène française qui, à l'époque, regorgeait de talents et de groupes novateurs.

Martin Dupont-Sticks in my brain
Martin Dupont-Dirty hands

De la cold-wave signée....Stephan Eicher et Grauzone!

Avant de déjeuner en paix, Stephan Eicher faisait dans la cold-new/wave, énorme et underground à souhait, dans ces early 80's de folie, avec Grauzone. Vous allez apprécier la différence, et finalement ne plus arriver à comprendre comment il a pu...bon bref!
En tout cas il se "reprend" aussi ces temps-ci, en revenant, on s'en réjouira forcément, à ses premières amours et en sortant une compil' de ses débuts synth-punk, Spielt Noise Boys...tout aussi décalés et surprenants!
Je vous en parle dès que j'ai le cd, en complément à l'article présenté ici...
Grauzone-Eisbär

A man & a machine...

Bonheur total que ces compilations récapitulant une scène foisonnante, née des cendres du punk et durant laquelle les machines allaient se substituer à l'organique, ou s'y adjoindre. Ceci pour un résultat souvent surprenant, barré, cold et incluant une multitude de tendances, savamment brassées. Le Son du Maquis, label parisien à l'esprit similaire, aussi actuel (Risqué, Hifiklub, Angele Phase) que superbement "passéiste" (A man & a machine donc, volume 1 et 2, le superbe recueil sur la scène berlinoise d'avant la chute du mur, "Berlin 61-89, Wall of sound"), initie ces superbes sorties. Le contenu, passionnant jusqu'à ses dernières notes, suscitant l'irrépressible envie de se taper la discographie des groupes sélectionnés, laquelle garantit à son tour de nombreuses heures d'une incoercible extase musicale.

The Normal-Warm leatherette
Love And rockets-No big deal

Rouen, sa scène,Imperial Bedroom et ses magnifiques Cartes Postales


Rouen est une ville intensément rock, aux groupes dotés d'une force de frappe aussi bien cold qu'électro ou garage, quand les trois ne sont pas magistralement imbriqués comme chez mes chouchous de Cristal Palace. Un label de folie, Imperial Bedroom, nous résume cette richesse et ce foisonnement, pas uniquement rouennais mais en tous les cas hautement significatifs, sur la seconde édition de ses merveilleuses Postcards. Seize titres et aucun que l'on puisse qualifier ne serait-ce que de moyen, avec un bonus track, et l'éclatante preuve d'un talent dont on sait désormais qu'il réside près de chez nous et n'est pas à aller dénicher hors de nos frontières.

Bogart and the addictives-Guerrilla art
Cristal Palace-Plastic doll
This is pop-Lewis

Teenage Sin Taste, vous n'y résisterez pas...

Wil, ancien Sasquatch (rock grungy à la Drive Blind), compose maintenant seul et nous pond des perles électro-cold-rock magistrales sous le nom de Teenage Sin Taste. Sur son Myspace, à la lecture de sa disco, de ses remixes et de son top amis, vous comprendrez vite à qui vous avez affaire. Et dire que ce mec talentueux au plus haut point cherche un label...
En cadeau, quatre titres du formidable CRASH(ed) à paraitre bientôt. Petite précision; les voix de Love Kills Slowly sont incomplètes...et c'est une bombe malgré tout!

Teenage Sin Taste - Some girls are (darker than others)
Teenage Sin Taste - Love kills slowly
Teenage Sin Taste - 12 stories
Teenage Sin Taste - Japanese pleasures

Bettina Koester // Queen of noise

Pour ceux qui ne connaitraient pas Bettina Koester, petit rappel précieux: celle-ci fut, avec deux "rescapées" d'Einstürzende Neubauten première période, la fondatrice de Malaria! , formation féminine culte du rock allemand et de la scène cold/new-wave de l'époque, dans un Berlin hautement inspiré.

Depuis, Bettina a pris ses distances avec l'industrie musicale, s'adonnant à des projets "autres". Puis en 2007, l'envie lui est revenue, et de sa collaboration avec des musiciens venus de Berlin, de Vienne et du sud de l'Italie nait ce superbe album, sorte de version "réactualisée" de Malaria, entre essais au sommet (Ocean drive), électro bondissante, rock tranchant et vagues cold. Le tout sur douze titres qui à aucun moment ne faiblissent, la native d'Allemagne de l'ouest se permettant même de reprendre les Beatles en ouverture (Helter skelter, ni plus ni moins, dopé à l'électro mécanique et groovy, magistral!), puis le Velvet avec un Femme Fatale aussi poignant que l'original, doté d'un fond sonore sobre et délicat. Le cap des reprises brillamment franchi, les compositions personnelles étoffent la palette de belle manière, comme ce Crime don't pay (stupid) assez cosmique, déchiré par des riffs brefs et tranchants et perverti par un chant à la fois froid et presque sussuré, ou Fianc' a fianco qui met en valeur la magie émanant des trames sonores, prenantes à souhait, dressées par Bettina et ses acolytes. A l'image des grands, de ceux qui disposent d'assez d'audace et de talent pour engendrer un rendu dont la seule origine se trouve être leur esprit fertile et déviant, Bettina brasse, détourne, malaxe et ne recule devant rien, comme sur Regina et son électro spatiale et hachée ou ce Holy water à l'ambiance intriguante, calme en apparence mais qui exhale un certain trouble.

Plus loin, Grab me réinstaure ces séquences électro célestes, truffées de sons judicieux, puis Confession renoue avec les atmosphères poisseuses et envoûtantes dont l'Allemande a le secret, avant que Pity me ne valorise une voix chaude, sur un fond jazzy-cabaret avenant. Comportant de nombreuses références à Pier Paolo Pasolini, l'album impose ensuite un Via Pasolini vif, pas éloigné de Malaria!, complètement addictif, obsédant à l'extrême, relevé par des guitares nerveuses (l'opus décrit en ces lignes en compte une belle fournée, ce dont on se réjouit forcément), et prend fin sur Thar she blows, fin et revêtu d'un apparat sonore chatoyant.

Hybride, pouvant être assimilé à un Objet Sonore Non Identifié, ce "Queen Of Noise" bien-nommé constitue un coup de maître et marque un retour dont la matérialisation sonore risque, de par sa nature et sa valeur, son génie omniprésent, de ne trouver aucun prétendant valable sur l'échiquier international. Superbe disque, unique et définitif.