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Rouen, sa scène,Imperial Bedroom et ses magnifiques Cartes Postales


Rouen est une ville intensément rock, aux groupes dotés d'une force de frappe aussi bien cold qu'électro ou garage, quand les trois ne sont pas magistralement imbriqués comme chez mes chouchous de Cristal Palace. Un label de folie, Imperial Bedroom, nous résume cette richesse et ce foisonnement, pas uniquement rouennais mais en tous les cas hautement significatifs, sur la seconde édition de ses merveilleuses Postcards. Seize titres et aucun que l'on puisse qualifier ne serait-ce que de moyen, avec un bonus track, et l'éclatante preuve d'un talent dont on sait désormais qu'il réside près de chez nous et n'est pas à aller dénicher hors de nos frontières.

Bogart and the addictives-Guerrilla art
Cristal Palace-Plastic doll
This is pop-Lewis

The Willowz // Everyone


J'ai mis du temps à savoir ce que je pensais réellement de cet album. Ayant toujours adoré chez les Willowz l'ambiance acérée & bordélique, les guitares grinçantes, la voix aigüe du moche Richie & l'atrophiée batterie qui se démène tant bien que mal dans un coin de mon oreille droite; j'ai abordé cet album avec beaucoup d'excitation. Seulement voila, problème de sauce dans les pâtes. On dirait surtout que le moche Richie a apprit à chanter; et ça me désole, puisque les guitares perdent de leur grincement, les fûts mollement martelés sont de plus en plus clairs & l'on peine à s'y perdre. Disons pour simplifier que la curieuse ambiance juvénile a été amputée depuis le dernier album; la sauce a perdu de son goût, de son piment. Cependant, les pâtes sont toujours là; ces quatre laids et leurs épouvantables chevelures qui nous crache à la gueule un "tuez du hippie" cinglant. Ces quatre effroyables pacifistes léthargiques n'oublient pas d'envoyer la pâtée habituelle, sur les même riffs discordants (une gratte à droite, une gratte à gauche, et la basse un peu à la trappe) les même tons désinvoltes où ils récitent purement leurs affolantes aventures californiennes. Et puis cette façon négligente de claquer des phrases le temps d'un soupir, de gémir en rythme sans affoler toute la chanson; source du talent & de l'ambiance papier-carton-chewing gum des Willowz. Science Of Sleeps de Michel Gondry est évidemment le film qui colle à cette mini débauche juvénile, où les Willowz sont parfaitement coincés entre une histoire d'amour tordue et les création matérielles en plastique ciseaux d'un jeune brun timide.

Ce que j'aime particulièrement chez les Willowz, c'est qu'ils ne roulent pas des mécaniques, n'essayent pas de passer leurs ondes là où l'on refuse, ne se fringuent pas dans le cliché profond (oui, doux style vintage) ; ils sont totalement dénués d'une prétention qui n'a pas lieu d'être, mis à part en ce qui concerne les petites chemises qui puent le cow-boy qui peuvent constituer une certaine recherche esthétique...

Voila, les Willowz font de la musique de moche, qui ne touche que les moches. C'est pour cela que les Willowz ont leur petite place bien rembourrée dans le rock crasseux actuel, et que leur pâté pour moches si bien aiguisé nous envoie une bonne barre à la gueule. Tu es moche, je suis moche, tu fais de la musique de moche; et comme je suis moche, j'aime ta musique de moche.

Trêves de plaisanterie, j'attends depuis trop longtemps que les Willowz s'écartent de leur trou à rat et soient enfin reconnus en France, hors champs arty; comme d'excellents rockeurs savant torturer le treble frétillant jusqu'au hurlement fanatique en y ajoutant une nasillarde déclaration d'amour toute aussi aiguisée. Everyone est bon, Everyone est excitant, mais Everyone n'est pas aussi excitant que Talk In Circles (crépitant) ou Chautauqua (très très crépitant) puisqu'Everyone reflète la maturité, la responsabilité (juste un peu, mais déjà trop). Il attache les Willowz à un poteau d'infusions post-adolescentes tout en gardant des paroles pétasses & immatures. Une boue de paradoxes crasseux. Everyone est tout de même le support de très bonnes chansons, qui n'attendent pas plusieurs écoutes pour gicler ("Jimmy James" foutraque jusqu'aux reins, mais surtout l'excellent "Everyone" dernier morceau martelé avec jouissance, refrain excellent, assez détaché le l'album). Le single injecté sur la toile il y a quelques semaines est finalement mauvais par rapport au reste de l'album, paraît morne & plat lorsqu'on le compare à "Way It Seems" aux allures changeantes & virant vers tout les bords à la fois où l'on retrouve cette fameuse façon de chanter du moche Richie. De plutôt bons morceaux finalement.

Mais ce qu'il manque cruellement à cet album, c'est une grosse injection d'insouciance. A part ça, tout y est, bien en place, bien carré, bien dégoulinant

The Willowz - Jimmy James
The Willowz - Way It Seems
The Willowz - Everyone

White Denim et le garage se barre


Vous n'imaginez pas l'orgasme sonore que j'ai éprouvé à la première écoute de "I Start To Run" de ce trio salement rock'n'roll; un des seuls groupe qu'on peut aujourd'hui taper comme groupe rock. Leur style est un garage choux fleurs qui suinte la négligence adolescente où vont se caler un peu de punk, un peu de psyché tourbillonnant,un peu de hip hop claqué. Un marasme aussi brut & limpide que violent & crachoteux. Et c'est souvent sur les chansons les plus simples qu'on claque le meilleur trip. Alors go on.


White Denim - I Start To Run

White Denim - Paint Silver Gold

Best Coast; cop-copine lo-fi


Putain l'ambiance faussement négligée, au point qu'on entendrait presque les postillons & les craquements de semelles au fond d'une nappe sonore lo-fi qui me fait penser à un croisement chimique entre les Smith Westerns & Ty Segall, mais avec une voix féminine hésitante et sûre à la fois. Évidemment une tonne d'influences 60's, une tonne de reverb, une tonne d'acide & quelques pâtés de sable. Pour ne pas me répéter à claquer des "furieusement bons" à tout va; je pense plutôt à soporifiquement élégant.

Best Coast - When I'm With You

Best Coast - Something In The Way

Gang of Four - toujours là ?


À l’occasion d’un festival indie au gibus, spécial papes ultra-branchés du rock, dans les caves violacées et fumantes, ambiance érotico-toxico-musicale, un retour sur une scène indé-punk était fortement conseillé.
Première étape de cette remise à jour, le groupe anglais le plus connu de la scène pas connue, traduisons « underground » pour faire pro: je vous le donne en mille, c’est Gang of Four (vous noterez au passage le subtil jeu de mots)
Quatre étudiants de Leeds, qui à l’époque n’avaient pas encore Facebook, et ne pouvaient pas encore faire partie du groupe de ceux qui adorent le CBGB ou être ami avec Tom Verlaine de Television.
Qu’importe, à l’époque on savait faire parler de soi sans faire chier tout son réseau social merdique. Alors évidemment, pour parler de Gang of Four, on parlera d’Entertainement ! Parce qu’il faut bien le dire, après ça, le groupe n’est qu’une succession de come-back plus ou moins ratés. Fin des années 70, les 4 autres garçons dans le vent posaient donc la pierre angulaire d’un rock-punk-funk, on-sait-pas-trop-où-le-mettre, qui se danse, et qui allait inspiré les futurs protégés du label domino (Franz Ferdinand, Arctic Monkeys, Bloc Party) ou même les RHCP ou autres Fugazi, et Sonic Youth. Une sorte de musique première intention, Gill fait de la guitare comme Bukowski écrit des lignes, c’est un joyeux bordel pourtant très carré. À ma droite, une Guitare funk à moitié (dés)accordée, son aigu, clair et grinçant. Presque autant que les paroles. C’est du vrai punk, la rage est là, les convictions. À ma gauche on rajoute une basse rondouillarde mise en exergue, ce fut ainsi que naquit le punk revendicatif de dancefloor, « et dieu vit que cela était bon. » Pour faire court: Aliénation (Damaged Goods), anti-amour (Anthrax), politique, colère - les textes regorgent de thèmes qui foutent les nerfs, font lever le poing en criant « mais putain mais qu’Est-ce que c’est là j’ai envie de péter un truc »
Single Punk (ça existe ça ???), Damaged Goods, est l’une des meilleures chansons que les années 70 nous aient pondues.
Dans cette noirceur très rouge, rouge de la jaquette (et je ne parle pas ici d’orientations sexuelles), les Vrais cocos du punk anglais, loin devant des Who lavés à l’Omo (et je ne parle toujours pas d’orientations sexuelles merde, la rigidité de vos mœurs vous monte à la tête), sont les porte paroles d’une génération qui a soif de gueulante, et de musique nouvelle.
Les Geezers sont des enfants de ce club qu’on appelle CBGB outre atlantique. À coup sûr c’était la bande son des ébats de Charles Windsor dans ses jeunes années, lors de ses fornications Under the consentement of the Queen (non non non et non, je ne parle pas d’orientations sexuelles, c‘est pas vrai ça). C’était l’époque où, pour faire comme le prince, les petites british non plus, n’avaient rien sous le kilt. Pendant ce temps là dans l’Albion, Les 4 potes turbulents eux, en avaient dans le froc
« Two steps forward, six steps back », si on était polémistes, on dirait qu’ils avaient raison, et que 40 ans plus tard, ça n’a pas vraiment changé.
Alors, par pitié, faites nous de la musique comme ça !! On en redemande !! Donnez nous enfin une vraie raison d’apprécier les caves punk branchées regorgeant de groupes branchés punk.

Nova Express Records // Kaiser Hunters For Royal Beavers


Label géré de main de maître par l’expérimenté et ingénieux Lucas Trouble, Nova Express Records, basé à Chagny, nous a déjà réjoui avec les albums de formations telles que Plastic Invaders, clermontois au rock’n’roll racé et furibard, ou encore les Franc-Comtois de Wayward Gentlewomen et leur rock réminiscent des Violent Femmes. Son catalogue est large et de qualité constante et Lucas Trouble a de plus la bonne idée de sortir ça et là des compilations présentant ses groupes, dont celle décrite en ces lignes, qui en dévoile quatre pour la bagatelle de vingt-trois titres. On est donc gâtés et là encore, de superbes découvertes nous sont réservées, à commencer par les clermontois de Gadwin, le gang des frères Rigaud, pour ensuite enchaîner avec The Marshmallow Dykes, de Paris, The Denyals, de Lille, et pour finir, les marseillais de Happy Family.
C’est donc Gadwin, auteur d’un superbe album ("NoObjEctiON") il y a déjà un moment, qui nous balance cinq titres d’un rock grungy, délibérément 90’s et qui par leur qualités éveillent chez l’auditeur une vive nostalgie de cette époque riche en groupes aux guitares torturées et aux productions délicieusement approximatives. Le trio montre, en plus de cela, une étonnante capacité à convaincre dans un registre plus nuancé (Against you), ou plus massif (Open), ou encore saccadé (Rose Red), les voix de Frank et Frédéric Rigaud, adroitement épaulés par la batterie d’ Alexandre Sawicki, contribuant incontestablement au pouvoir de séduction des Auvergnats, qui finissent sur un Behind bien positionné entre délicatesse acoustique et envolées mélodiques plus électrisées.
Excellente entrée en matière donc, que les Marshmallow Dykes se chargent de prolonger en proposant eux aussi cinq morceaux taillés dans leur «Tenebrae Rock'n'Rollae » comme ils se plaisent à le définir, de façon très juste, sur leur Myspace. C’est un Black Surf très Cramps qui ouvre le bal, surf comme son nom l’indique, et très convaincant. Leur répertoire se situe à la croisée du rockabilly et d'un psycho-punk, évoquant, c’est un atout supplémentaire, les Washington Dead Cats. Subtilité et attitude nettement plus « wild » font ici bon ménage et le quatuor encanaillé par la voix Murdock DK nous gratifie entre autres d’un Paris City Girls digne des pointures du genre, ou d’un Foxy Knoxy percutant, à la fois déviant et distingué, qui donne envie d’en entendre plus, sachant que la formation a sorti un album.

Seconde trouvaille notable donc, à laquelle succèdent les Denyals, dont je connais d’ores et déjà les aptitudes pour les voir vus en live, il y à peine un mois, dans un caf’conc’ de ma ville. Leur prestation avait été de belle facture, rock à souhait, sans fioritures superflues, et le trio drivé par les sympathiques Erreïp (ex-Waterguns) et No (ex-Clerks) ne se prive pas de confirmer les promesses affichées par ce concert. Inspiré et ne s’en tenant pas à un format figé, loin s’en faut, le rock de ces potes d’autres excellentes formations telles que Billy Gaz Station ou Jettators nous met en joie quel que soit le chemin emprunté. Et s’ils débutent avec un Suzy R à l’énergie punk bienvenue, riffant comme on l’aime, frontal et sans failles, les nordistes déploient un talent certains dans des sonorités plus apaisées (Dead Birds) bien que toujours vitriolées par ces guitares insubordonnées, renouant ensuite avec un rythme plus affirmé sur le valeureux The Same Old Song. Simple, bien ficelé, massif en certaines occasions (Down In The Sewer et son riff remarquable), le rock des Denyals fait mouche à chaque titre et si l’on est heureux d’en avoir ici huit à se mettre sous la dent, on n’en attend qu’avec plus d’impatience la sortie d’un premier long-jet. Impatience aiguisée par Memories, alerte, entre voix punky et guitares aussi fines que tranchantes, ou ce Who Killed the Idiot aux gimmicks presque funky, noyés dans le flux d’un rock vif, urgent, qui m’évoque brièvement Mark E.Smith et The Fall. La comparaison est bien évidemment à porter au crédit des lillois, lesquels nous livrent ensuite un I Want You lui aussi remuant, qui vient s’ajouter à la liste de leurs réussites, puis un Foretaste instrumental aux motifs géniaux.
Enfin, c’est aux phocéens de Happy Family que revient la tache de clôturer les festivités, et le groupe fondé par l’iranien Serge Fhontransmani se montre largement à la hauteur de ses prédécesseurs en nous offrant cinq morceaux oscillant entre grunge, garage, punk et acoustique suivie d’envolées noisy superbes (superbe U & I). Le groupe cite des influences multiples, et on se rend compte à l’écoute qu’il les a parfaitement assimilées. Leur Cum’ Down introductif, fonceur et semblable par son allant à certains titres des Denyals, allie mélodies et rudesse rock avec bonheur, puis Let the Boys évolue dans ce même domaine, attractif au vu de l’équilibre trouvé entre prétentions mélodiques et écarts plus rock, noisy, qui fleurent bon les 90’s. Arrive ensuite un Sides Of Men aux riffs secs, vivace et lui aussi immédiatement convaincant, doté d’une guitare volubile et captivante. Puis c’est Pay To Play, aux rythmes changeants, d’abord modéré puis plus vigoureux, qui ferme la marche avec brio.

Excellente compilation donc, le contraire eut été surprenant s’agissant d’une telle structure, généreuse et de haute qualité, qui suscite d’une part l’incoercible envie de découvrir plus en avant les groupes qui y figurent, et d’autre part de se plonger dans les productions Nova Express, dont je peux vous dire qu’elles satisferont à coup sur leurs auditeurs, qu’on espère nombreux.

Sleepy Sun; on avait pourtant dit que les hippies, c'est fini


Des chansons à rallonge, une allure digestive arrogante, ce blues synesthésique viré sur des mélodies si psychédéliques qu'on aime dès la première écoute. "White Dove" m'a captée, hapée, entrainée dans ce marasme dégueulasse et vintage où l'instrumentation riche et réfléchie inonde d'une tranchante guitare tranchante mes lapidées oreilles lapidées. On change d'ambiance et de douceur toutes les minutes de peur de tourner en rond, alors on s'étend délicatement sur une intro minimale puis explosée à la Entrance Band, guitares tournoyantes et roundpan exigeant. Parfois on vire dans le pire du glauque (autour de 5:40), avant de s'étaler et répandre une boue collante nettoyée par une pseudo ballade folk faussement niaise. Putain! Ce morceau est un album entier à lui même, il concentre l'inventivité, l'énergie et les émotions d'une quinzaine de titres tirés par tout les côtés.
Sleepy Sun et ses manèges hallucinants (également visuels) aux petits airs de Black Mountain et de Black Angels nous boufferons tout l'hiver. J'éspère.

Sleepy Sun - New Age
Sleepy Sun - White Dove
Sleepy Sun - Snow Goddess

White Stripes?


Le rouge est la première couleur que l'on perçoit à la naissance, et le noir & le blanc qui l'accompagnent ont une forte marque historique (Jacky white cite le nazisme). Rouge est la première couleur qui nous éclate à la gueule sur ce bon punk bien saccadé, guitare bluesy jusqu'au fin fond des sarcasmes, voix tirante tiraillée élevée, calement-décalement sur une batterie toujours aussi militaire. La grosse meg nous en fera bouffer. 1999, ils sortent leur premier opus éponyme, une douce vaguelette avant la tempête médiatique et transpirationnelle d'Elephant en 2003. C'est purement underground.

Tame Impala ou le freaky freaky du 13 ème étage


Ces putains d'Australiens fonceurs ont déjà vomit un EP 6 titre taillé d'une irréprochable pop psyché à mi chemin entre les Blacks Keys, les dentiers poilus de Black Mountain & un lourd zeste de freak à la Seeds. Doux mais péchus à point, leurs esprits plus ou moins feuillus sont enroulés autour de mélodies sympathiques qui te parlent comme elles répondent à une batterie artichaut frappant méchamment sur ses fûts souffreteux pour toucher tout le monde à la fois. Dur, à l'écoute de ces sonorités old skoul vintage de penser qu'ils sont trois misérables humains sur le coup. Guitare, Basse, Batterie; et presque tout le monde use ses cordes vocales, pour laisser échapper différentes harmonies envoûtantes. Ils ont l'air tellement polis qu'à la fin de l'écoute d'un titre aussi bon qu'"Half Full Glass Of Wine", on a envie de les remercier, de tirer légèrement sur leurs cheveux plus ou moins homogènes. On va sans aucun doute se prendre un lourde baffe lors de la sortie de leur premier album en 2010. En attendant 4 titres évaporés, un peu clichés, mais surtout très bons.

Tame Impala - Half Full Glass Of Wine 
Tame Impala - Remember Me 
Tame Impala - Flow
Tame Impala - Sundown Syndrome

Cut In The Hill Gang


Après quelques années de vide, l'ex leader des Soledad Brothers, Johnny Walker (plus rockab tu crèves) revient dans un trio profondément blues; Cut The Hill Gang; avec lequel il déracine les petites peuplades par lesquelles il s'aventure.

TOM VEK, précurseur



Le croisement du rock & du funk, de la pop & de la disco, du punk & du R'n'B, c'est un peu lui; un beau blond prodige & totalement oublié. Il y a des choses qu'on ne devrait jamais oublier, mais dans la musique comme dans tout autre chose, bien qu'un groupe ou un album soit excellent, marque profondément les gens; il s'oublie en quelques années. Un peu comme une étoile filante, touchante & magnifique; mais une fois le cul levé de l'herbe, elle est oubliée
Ce qui fait le génie (inquiétant) de Tom Vek n'est pas le fait qu'il ait sorti son premier album We Have Sound à 20 ans et quelques (ce qui est plutôt banal d'ailleurs), mais le fait qu'il reconnaît ses défauts, et prend un mal incommensurable à les exploiter au maximum jusqu'à donner un côté charmant & faussement naïf à l'extrême. Il tisse un rock contemporain hybride à l'aide des trois instruments que tout bon rockeur se doit de maitriser les dents fraîches, poussant une basse claire & bondissante contre une -ou plusieurs- batterie(s) claquante(s) et touffue(s). Il ignore en 2005, alors en études de graphisme et délivrant son temps libre dans son home studio, le futur impact de son premier album sur les groupes se disant indie, que ce soit de pop ou de rock. Bref, cette nouvelle musique de rock indie n'est qu'une légère évolution du blues croisé avec quelques soupçons funk, pop & disco et une grande baffe de Tom Vek. Avec de nouvelles âmes.



TOM VEK If You Want

Ty Segall


Ouais, c'est ça, le petit mec légèrement mods avec ses compagnons secs de live. One-mand-band amateur & assoiffé, Ty Segall passe sa vie dans son salon pourrave dans sa maison de Californie, entre les jacks & multiples prises qui débordent sur le canapé. Il multiplie les prises jusqu'à la saturation; ses chansons se mettent finalement à ressembler aux The Oh Sees (Si, vous savez, les mecs sous acides aux guitares vomitos), tranchantes & dégoulinantes, remplient d'une saveur d'un garage lointain.Il vient de sortir son deuxième EP, Lemons.
A part être un petit nerd mignion faussement idiot au regard doux & aux pensées mal tournées, Ty Segall est un réel taré. C'est un petit gamin hystérique qui, pour se venger de quelque chose, va virer dans l'autre extrême et faire tout le contraire. En tant que joli petit bourge il va aussi gâcher tout ce qui lui descend dessus & acheter plus de guitares qu'il n'a de place. Hyperproductif aux yeux injectés, bon à consommer.