A man & a machine...

Bonheur total que ces compilations récapitulant une scène foisonnante, née des cendres du punk et durant laquelle les machines allaient se substituer à l'organique, ou s'y adjoindre. Ceci pour un résultat souvent surprenant, barré, cold et incluant une multitude de tendances, savamment brassées. Le Son du Maquis, label parisien à l'esprit similaire, aussi actuel (Risqué, Hifiklub, Angele Phase) que superbement "passéiste" (A man & a machine donc, volume 1 et 2, le superbe recueil sur la scène berlinoise d'avant la chute du mur, "Berlin 61-89, Wall of sound"), initie ces superbes sorties. Le contenu, passionnant jusqu'à ses dernières notes, suscitant l'irrépressible envie de se taper la discographie des groupes sélectionnés, laquelle garantit à son tour de nombreuses heures d'une incoercible extase musicale.

The Normal-Warm leatherette
Love And rockets-No big deal

Rouen, sa scène,Imperial Bedroom et ses magnifiques Cartes Postales


Rouen est une ville intensément rock, aux groupes dotés d'une force de frappe aussi bien cold qu'électro ou garage, quand les trois ne sont pas magistralement imbriqués comme chez mes chouchous de Cristal Palace. Un label de folie, Imperial Bedroom, nous résume cette richesse et ce foisonnement, pas uniquement rouennais mais en tous les cas hautement significatifs, sur la seconde édition de ses merveilleuses Postcards. Seize titres et aucun que l'on puisse qualifier ne serait-ce que de moyen, avec un bonus track, et l'éclatante preuve d'un talent dont on sait désormais qu'il réside près de chez nous et n'est pas à aller dénicher hors de nos frontières.

Bogart and the addictives-Guerrilla art
Cristal Palace-Plastic doll
This is pop-Lewis

SUBLIMINAL SANDWICH : MEAT BEAT MANIFESTO : Verset 1996





Bouillonnant mélange de dub, d'indus et d'électro le projet Meat Beat Manifesto trouve ses racines au milieu de l'année 1986 ; lorsque Jack Dangers et Johnny Stephens forment Periennal Divide un groupe dans la plus grande tradition pop. Leurs premiers efforts sont publiés sous la forme d'un double 45 tours Meat Beat Manifesto.

10 ans plus tard, Dangers a quitté sa vallée anglaise du Swindon natale pour s'installer à San Fransisco. MBM connaît un essor particulier parce que Wax Trax (label de Ministry) et Nothing (Label de Trent Reznor) s'intéressent à son sujet. Il est à la tête du monstre entouré d'une multitude de collaborateurs.

MBM propose des concerts oniriques où se mêlent vidéos, clips des musiciens jouant sur scène, vrais zicos, danse moderne (orchestrée par Marcus Adams dans des costumes de Craig Morrisson) ; une expèrience rare.

"Subliminal Sandwich" est destiné à être le premier album à sortir sur un gros label. La très grande variété de l'album et son format gargantuesque ( Double album - 141 minutes) ainsi que les divergences avec le label PIAS, plongent cet album novateur dans les limbes de l'anonymat. Tout au plus Asbestos Lead Asbestos connaîtra les faveurs du public et de la critique.

14 ans plus tard, c'est une trace indélébile que nous retrouvons à l'écoute de cette plaque qui réussit à mélanger les genres, greffer les samples et échantillonner une forme de funk blanc rarement entendue depuis.

Album Magistral ! Album Maudit !


JEANVASBRÛLER - R'N'B HOLOCAUST



Extirpés d'un crépitement utérin et industriel en 2004, les griots qui forment l'entité JEANVAS BRÛLER ont pris le temps de déchiqueter tout ce que le Rock, du haut de ses 60 ans, a produit pour en tirer sa substantifique moelle.

Après un E.P. confidentiel, le groupe sans guitares se lance dans la superproduction d'un album dévastateur. "R'N'B HOLOCAUST" témoigne, dans un bain vaudou, d'une Surchauffe Surnaturelle. Lardés d'expérimentations hédonistes Au pays des Fées et de coups de boules rageurs Johnnie ; "R'N'B HOLOCAUST" est une expérience frénétique et hystérique.

Cet album fut mon choix 2009 au titre imbécile de "meilleur"... sauf qu'ici cet album reprend vraiment LE meilleur des glaviots sulfuriques des Stooges et du magnétisme de John Zorn.

Album à se procurer d'urgence chez Zorch Factory Records.








Emboe -Some Recordings 1997 - 2008


10 ans dans le parcours d'un musicien, c'est une étape que l'on peut rapprocher de la fameuse quarantaine chez l'Homme.
Point de crise ici (quoique) ; juste un arrêt salutaire sur un ensemble d'enregistrements.
Emboe est un guitariste - manipulateur qui apprivoise les effets atonaux et les crissements de pédales d'effets. Il est un de ces faiseurs d'ambiances comme généralement, on en trouve dans la musique électronique. Sauf qu'ici le matériel est plus primaire, le résultat n'en est que plus primal.
Le souffle continu dans les cordes de ses guitares, les accidents sonores de ses effets et la fièvre du créateur habillent de subtiles mélodies qui tapissent ce vrai/faux best of de 13 plages. Le mot plage n'a jamais autant porté sa signification, on parle d'étendues (tendues, ténues et soniques).
Si "Colita de Rana", sa précédente sortie servait de support au film de Lata Masud tout en filigrane, ici les compositions sont appuyées et libres au risque de déstabiliser l'auditeur déjà plongé dans un univers tournoyant.
10 ans séparent Unhealthy Pacemaker de Hemcode cd, la grandiloquence du premier laisse la place à l'inspiration brute et viscérale. On "sent" la musique en soi. Comme si le cinéma de Lucio Fulci avait laissé la place à celui de David Lynch.
Emboe retrouve le cadre plus chaud d'un groupe, Sons of Frida depuis 2004 où ses dissonances cherchent, encore et toujours, à échapper aux espaces carrés.
"Some Recordings 1997 -2008" est en libre téléchargement. (Voir le site de Emboe)
Contact : Emboe

Emboe - Unhealthy Peacemaker
Emboe - Fin Février - Début mars

The Brian Jonewstown Massacre

Controversé du fait d'un contenu à l'image de son leader, Anton Newcombe, instable, le dernier BJM est pourtant, selon moi, une pure merveille. Entre expérimentations en tous genres et shoegaze bien flou, un must de rock foutraque et éclaté.

The Brian Jonestown Massacre-This is the one thing we did not
The Brian Jonestown Massacre-One

We Are ENFANT TERRIBLE

Entre électro et power-pop, giclées rock et séquences irrésistiblement groovy, Enfant Terrible et l'émoustillante Clo au chant. On en a une belle série comme ça en France, de I Am Un Chien à Cristal Palace en passant par Mensch dont fait partie la très douée Vale Poher...
Deux tubes en cadeau, et c'est marre.


Enfant Terrible - Snap dragon
Enfant Terrible - Lobster quadrille

The Hot Rats...le complément idéal à Supergrass

The Hot Rats, soit Gaz Coombes et Danny Goffey, deux membres de Supergrass, ça doit suffire à produire quelque chose d'un tant soi peu potable. Les deux boys font mieux que cela et, en s'appuyant sur une super série de reprises de goûts (Sex Pistols, Gang of Four, The Cure, Beastie Boys, Costello, Bowie...), aidés par Nigel Godrich, livrent un album, Turns Ons, qui va nous rendre l'attente du prochain Supergrass bien plus supportable.
En cadeau, trois de ces covers frappés du sceau de la classe toute british de ces énergumènes...

The Hot Rats-Damaged Goods
The Hot Rats-Pump it up
The Hot Rats-Queen bitch

Forever dull...

1993; année musicale parfaite s'il en est, étant données le nombre de sorties sublimes qui ont eu alors lieu. Entre autres: Four-calendar Café, Black Tie White Noise, Coverdale-Page (éponyme, bien évidemment; mais quel disque!!!)... Pourtant, le grand fantasme sonore viendra de Cincinnati, alors que The Afghan Whigs sort ce qui peut être considéré comme son troisième album, Gentlemen; le chef-d'oeuvre du groupe, fabuleux diptyque complété peu de temps après par l'aérien et noir Black Love (pas vraiment jovial, comme son titre l'indique, donc...).

Forte de son expérience assez éphémère dans l'écurie Sub-Pop, la bande de Greg Dulli se décide à renforcer ces guitares déjà incisives et affutées entendues dans le précédent Congregation, prémice d'un chaos annoncé. Comme si le groupe avait décidé de rendre encore plus corrosives des sonorités déjà fracassantes, âpres, douloureuses. Tout ici, des batteries aux basses, mais surtout cette voix souvent proche de la fausseté (sans pour autant déranger le moins du monde), déraille, quitte les sentiers battus du rock, prend des chemins de traverses défoncés et boueux. Alors l'auditeur tombe, s'écorche, se relève et se remet à courir, titube, mais avance encore et toujours, dents et poings serrés. La douleur de ce disque est palpable, sourde, violente; la limite entre dépression et révolte n'existe plus. De ces guitares tranchantes et aiguës, de ces cordes vocales usées par l'alcool et les drogues douces-amères, l'ambiance devient pourpre et lumineuse, éreintante et dramatique, romantique et furieusement palpitante (autant que le coeur puisse tenir), dont la chanson "Debonair" reste à jamais le point culminant, le sommet jamais atteint depuis, mais toujours envié.

Gentlemen, disque de la rupture et de la rébellion musicale; OVNI musical inégalable, dans lequel chaque détail est ciselé jusqu'à la blessure. L'inévitable rayon noir du rock US...

The Afghan Whigs - Debonair
The Afghan Whigs - Fountain And Fairfax
The Afghan Whigs - When We Two Parted

Rinôçérôse, l'électro-rock "from Montpellier"

Sorte de "dream-team" de l'électro, jugez donc de ce line-up de folie:
Patrice "Patou" Carrié (bass), Jean-Philippe Freu (guitar), Florian Brinker (guitar), Frédéric Pace (drums), Johnny Palumbo (programming). Guest singers : Ninja, Anna Muchin, Jessie Chaton, Mark Gardener, Bnann, Luke Paterson, Dominique Keagan, Nuutti Kataja. Producers : Johnny Palumbo, Shakedown, The Bloody Beetroots, Jagz Kooner. Rinôcèrôse et ses titres dansants et explosifs, dont nous vous offrons deux exemples détonnants.

Rinôçérôse-Stop it
Rinôçérôse-Cubicle