XcRoCS Records, super petit label tenu par un membre de...Kill The Thrill et CaVe CaNeM.


Fred de Benedetti, puisque c'est de lui qu'il s'agit, propose un catalogue "déviant", éclectique et attractif à souhait, avec l'aide de son collègue Julien, autre moitié des géniaux CaVe CaNeM. Les billoutes n'utilisent que le format cd 8 cm, ce qui permet des produits finis superbes et musicalement énormes. N'hésitez pas à écouter les extraits directo sur le site et le Myspace, vous nous en remercierez après! Cyrille de RED SPACE CYROD m'avait prévenu; "un label à surveiller", me disait-il sur un petit mot accompagnant l'envoi de son superbe nouvel opus. Il ne croyait pas si bien dire! Entre noise, shoegaze, indus, duo déjanté saxophone ténor-guitare/machines (Fred y égale même les KILL THE THRILL, c'est dire la qualité du truc!), une flopée de groupes souvent méconnus, que je vous somme d'aller découvrir toute affaire cessante...
Y'a même les frappadingues marseillais de Binaire, si avec ça vous n'êtes pas convaincus...

Et puis pour que NOISE en parle, inimaginable d'avoir affaire à des pleupleux! Merci Cyrille au passage...et bonne écoute à vous.

Site XCROCS RECORDS
Myspace XCROCS RECORDS


Red Space Cyrod - Suggestive

Red Space Cyrod - Never Eat Your Cigaret

Playlist #2 // Morose morose, la suite avec ma version du sujet...

Je fais d'emblée le choix d'afficher une photo des MEGA CITY FOUR, quatuor anglais dont le chanteur, Darren "Wiz" Brown, a passé l'arme à gauche fin 2006, faisant couler mes larmes, les premières versées pour un artiste qui, par ses paroles, ses chansons et sa voix d'une grande sensibilité, m'a tout simlement permis d'évacuer beaucoup de choses et de maintenir une certaine forme d'enthousiasme.
C'est donc par "Rose Couloured" que débutera ma série de chansons tristes, dont vous vous rendrez compte qu'en dépit de cette tristesse, elle peuvent être dotées de tempi soutenus, comme c'est le cas pour celle-ci, ou, à l'inverse, exhaler un désabus profond dans leur climat tout en étant dotées de "lyrics" moyennement pessimistes et d'un rythme hypnotique.

Question avant tout de ressenti, comme sur le "Lovesong" de The Cure, "amoureux" à souhait et pourtant soniquement mélancolique, ou le "Here" de Pavement, ou encore Morrissey qui se dit qu'en dépit de nos "réussites", on peut être malheureux...et toutes les autres, qui comme l'a si bien dit ma "collègue", évoquent chacune un moment précis de notre existence et font rejaillir moults souvenirs attendris, colériques, larmoyants, amers et que sais-je encore.

Enfin, de ces chansons se dégage une beauté mystérieuse, étincelante, une élégance et une émotion que seul ce genre de compo peut engendrer.
Bref, inutile d'épiloguer, bonne écoute à vous et n'hésitez pas à nous livrer, vous aussi, vos ressentis, quels qu'ils soient...

Mega City Four - Rose couloured
R.E.M. - Leave
Deus - Hotellounge
The Smashing Pumkins - Disarm
The Cure - Lovesong
The Cure - Just like heaven
The Smiths - Heaven knows I'm miserable now
Pavement - Here

Best Coast; cop-copine lo-fi


Putain l'ambiance faussement négligée, au point qu'on entendrait presque les postillons & les craquements de semelles au fond d'une nappe sonore lo-fi qui me fait penser à un croisement chimique entre les Smith Westerns & Ty Segall, mais avec une voix féminine hésitante et sûre à la fois. Évidemment une tonne d'influences 60's, une tonne de reverb, une tonne d'acide & quelques pâtés de sable. Pour ne pas me répéter à claquer des "furieusement bons" à tout va; je pense plutôt à soporifiquement élégant.

Best Coast - When I'm With You

Best Coast - Something In The Way

Playlist #2 // Morose morose


Il y a vraiment un truc dans les chansons tristes. Il y a celles qui rappellent le premier slow, le premier patin, celles qui vous enfoncent dans des souvenirs arrachants, imprégnés de nostalgie, d'envie, de jalousie. Il y a celles qui sont réellement tristes, au point de vous arracher des larmes sur le moment, là, alors que vous vivez tranquillement trois feuilles dans le nez le pied dans l'arbre votre vie paisible. Ces chansons sont rares, personnelles, lacrymales et dures. Ceci n'est que mon point de vue, donnez le votre, celles qui vous font frissonner mélancoliquement le bas du dos par quelques accords, voix, soupçons de mélodies.


Neil Young - The Needle And The Damage Done
La base.

Jeff Buckley - Dream Brother
Ou comment porter la fragilité d'une voix à son paroxysme en quelques minutes, sur une orchestration lumineuse & discrète. Un légère montée dramatique, de quoi essayer de se préparer à se prendre ces arpèges féeriques en pleine gueule, un soupçon d'ultime overdrive lacrymale rajoute le paquet. On y est presque. Furieusement furieusement bon.

Portishead - Strangers
Un morceau violent & brut peut toucher là où un léger"Hallelujah" frôle. Cette chanson est habile, fragile, explosée de l'intérieur, et atrocement anxiogène. Surtout; cette voix altérable perchée sur un fil tendu, lui même branlant, fixé au dessus d'un gouffre sans fond. Une étendue sonore infinie se mêle à cet extraordinaire manque qui règne et décompose peu à peu le morceau.

Eddie Vedder - Long Nights
Into The Wild n'aurait jamais été si bon si le leader de Pearl Jam n'y avait pas sniffé sa guitare en y calant sa voix rocailleuse et puissante. Ici, comme dans tout l'album; point d'effet, de superficiel, un strict nécessaire pour ce folk délicat et modeste, une émotion directe qui pénètre droit dans le mou.

Nirvana - Plateau
Jamais on aurait cru que Cobain avait cette rage si délicate en écoutant Nevermind. Voila pourquoi le monde s'étouffe de joie mélancolique avec l'unplugged de New York; cette puissance mélodique et son côté acoustique mystique.

Saez - Jeunesse Lève Toi
Damien Saez incarne la dépression chronique d'une vie rongée de remords, de questions, d'un passé. Cette voix, ces textes, on s'en crève les yeux, on en redemande.

El Goodo; où la pop psyché serait à son paroxysme


On me file ce second album d'El Goodo, groupe psychédéliquement synthétique de son état; et pour moi ce groupe était un mangeur de Small Faces, de Byrds, après coup; genre l'album était sorti milieu 70's. Mais jarnicotons Cré nom de nom bande de crétin des Alpes nous sommes en 2009 et le groupe au nom le plus mielleux du mois nous inonde paisiblement les oreilles de flopées tellement psychédéliques qu'on en vire les globules rouges. Parfois on tombe tout de même dans le cliché pur, le trop trop vintage trop "comme" avec " Aren't You Grand " ou " Pete ". On pardonne.
El Goodo - Oh, To Sleep

El Goodo - Feel So Fine

Raleigh Moncrief

C'est toujours sympa de s'éclater, trémousser frénétiquement sur autre chose qu'une house inimaginative & bateau. Point de confession, point de sacrifices, Raleigh Moncrief habille ses rythmiques dubstep de mélodies hallucinées d'un psychédélisme cru & juvénile. Le mélange est adroit, ingénieux, accrocheur.
Raleigh Moncrief - Similes
Raleigh Moncrief - Combed Over Chrome
Raleigh Moncrief - Goldrush

BLUE CHEER; acclamation !


Le bassiste & chanteur de Blue Cheer Dickie Peterson est mort il y a un peu plus d'un mois à 63 ans au milieu de ses Harley Davidson. Excellente bombe de stoner rock défoncé, le groupe s'est fait connaître par la reprise de fureur inquiétante "Summertime Blues" d'Eddie Cochran. Et pop, top 15 des charts aux USA en 68. Et pop, plus qu'un cacheton. Oui, il faut savoir que l'homme, aussi blond et touffu soit-il, est un excellent bout de chair; il a gagné l'Oscar des fumeurs de pétards (High Time Doobie Award) & a passé sa vie enfoncé dans les réalités parallèles (Blue Cheer est un type de LSD) en léchant gentiment ses jolies basses (croyez moi, chanter si bien avec ses tripes et garder ce groove si cool à la basse est un truc de dingue). Ici les 6 titres de leur premier opus sorti en 68, Vincebus Eruptum qui influenca d'une violente griffe les tripotées heavy par la suite. On pourrait s'exclamer" En exclusivité, en intégralité !!!! " mais je ne travaille pas encore chez Auchan.

Blue Cheer -  Summertime Blues
Blue Cheer - Rock Me Baby
Blue Cheer - Doctor Please
Blue Cheer - Out Of Focus
Blue Cheer - Parchment Farm
Blue Cheer - Second Time Around

Gang of Four - toujours là ?


À l’occasion d’un festival indie au gibus, spécial papes ultra-branchés du rock, dans les caves violacées et fumantes, ambiance érotico-toxico-musicale, un retour sur une scène indé-punk était fortement conseillé.
Première étape de cette remise à jour, le groupe anglais le plus connu de la scène pas connue, traduisons « underground » pour faire pro: je vous le donne en mille, c’est Gang of Four (vous noterez au passage le subtil jeu de mots)
Quatre étudiants de Leeds, qui à l’époque n’avaient pas encore Facebook, et ne pouvaient pas encore faire partie du groupe de ceux qui adorent le CBGB ou être ami avec Tom Verlaine de Television.
Qu’importe, à l’époque on savait faire parler de soi sans faire chier tout son réseau social merdique. Alors évidemment, pour parler de Gang of Four, on parlera d’Entertainement ! Parce qu’il faut bien le dire, après ça, le groupe n’est qu’une succession de come-back plus ou moins ratés. Fin des années 70, les 4 autres garçons dans le vent posaient donc la pierre angulaire d’un rock-punk-funk, on-sait-pas-trop-où-le-mettre, qui se danse, et qui allait inspiré les futurs protégés du label domino (Franz Ferdinand, Arctic Monkeys, Bloc Party) ou même les RHCP ou autres Fugazi, et Sonic Youth. Une sorte de musique première intention, Gill fait de la guitare comme Bukowski écrit des lignes, c’est un joyeux bordel pourtant très carré. À ma droite, une Guitare funk à moitié (dés)accordée, son aigu, clair et grinçant. Presque autant que les paroles. C’est du vrai punk, la rage est là, les convictions. À ma gauche on rajoute une basse rondouillarde mise en exergue, ce fut ainsi que naquit le punk revendicatif de dancefloor, « et dieu vit que cela était bon. » Pour faire court: Aliénation (Damaged Goods), anti-amour (Anthrax), politique, colère - les textes regorgent de thèmes qui foutent les nerfs, font lever le poing en criant « mais putain mais qu’Est-ce que c’est là j’ai envie de péter un truc »
Single Punk (ça existe ça ???), Damaged Goods, est l’une des meilleures chansons que les années 70 nous aient pondues.
Dans cette noirceur très rouge, rouge de la jaquette (et je ne parle pas ici d’orientations sexuelles), les Vrais cocos du punk anglais, loin devant des Who lavés à l’Omo (et je ne parle toujours pas d’orientations sexuelles merde, la rigidité de vos mœurs vous monte à la tête), sont les porte paroles d’une génération qui a soif de gueulante, et de musique nouvelle.
Les Geezers sont des enfants de ce club qu’on appelle CBGB outre atlantique. À coup sûr c’était la bande son des ébats de Charles Windsor dans ses jeunes années, lors de ses fornications Under the consentement of the Queen (non non non et non, je ne parle pas d’orientations sexuelles, c‘est pas vrai ça). C’était l’époque où, pour faire comme le prince, les petites british non plus, n’avaient rien sous le kilt. Pendant ce temps là dans l’Albion, Les 4 potes turbulents eux, en avaient dans le froc
« Two steps forward, six steps back », si on était polémistes, on dirait qu’ils avaient raison, et que 40 ans plus tard, ça n’a pas vraiment changé.
Alors, par pitié, faites nous de la musique comme ça !! On en redemande !! Donnez nous enfin une vraie raison d’apprécier les caves punk branchées regorgeant de groupes branchés punk.

Nova Express Records // Kaiser Hunters For Royal Beavers


Label géré de main de maître par l’expérimenté et ingénieux Lucas Trouble, Nova Express Records, basé à Chagny, nous a déjà réjoui avec les albums de formations telles que Plastic Invaders, clermontois au rock’n’roll racé et furibard, ou encore les Franc-Comtois de Wayward Gentlewomen et leur rock réminiscent des Violent Femmes. Son catalogue est large et de qualité constante et Lucas Trouble a de plus la bonne idée de sortir ça et là des compilations présentant ses groupes, dont celle décrite en ces lignes, qui en dévoile quatre pour la bagatelle de vingt-trois titres. On est donc gâtés et là encore, de superbes découvertes nous sont réservées, à commencer par les clermontois de Gadwin, le gang des frères Rigaud, pour ensuite enchaîner avec The Marshmallow Dykes, de Paris, The Denyals, de Lille, et pour finir, les marseillais de Happy Family.
C’est donc Gadwin, auteur d’un superbe album ("NoObjEctiON") il y a déjà un moment, qui nous balance cinq titres d’un rock grungy, délibérément 90’s et qui par leur qualités éveillent chez l’auditeur une vive nostalgie de cette époque riche en groupes aux guitares torturées et aux productions délicieusement approximatives. Le trio montre, en plus de cela, une étonnante capacité à convaincre dans un registre plus nuancé (Against you), ou plus massif (Open), ou encore saccadé (Rose Red), les voix de Frank et Frédéric Rigaud, adroitement épaulés par la batterie d’ Alexandre Sawicki, contribuant incontestablement au pouvoir de séduction des Auvergnats, qui finissent sur un Behind bien positionné entre délicatesse acoustique et envolées mélodiques plus électrisées.
Excellente entrée en matière donc, que les Marshmallow Dykes se chargent de prolonger en proposant eux aussi cinq morceaux taillés dans leur «Tenebrae Rock'n'Rollae » comme ils se plaisent à le définir, de façon très juste, sur leur Myspace. C’est un Black Surf très Cramps qui ouvre le bal, surf comme son nom l’indique, et très convaincant. Leur répertoire se situe à la croisée du rockabilly et d'un psycho-punk, évoquant, c’est un atout supplémentaire, les Washington Dead Cats. Subtilité et attitude nettement plus « wild » font ici bon ménage et le quatuor encanaillé par la voix Murdock DK nous gratifie entre autres d’un Paris City Girls digne des pointures du genre, ou d’un Foxy Knoxy percutant, à la fois déviant et distingué, qui donne envie d’en entendre plus, sachant que la formation a sorti un album.

Seconde trouvaille notable donc, à laquelle succèdent les Denyals, dont je connais d’ores et déjà les aptitudes pour les voir vus en live, il y à peine un mois, dans un caf’conc’ de ma ville. Leur prestation avait été de belle facture, rock à souhait, sans fioritures superflues, et le trio drivé par les sympathiques Erreïp (ex-Waterguns) et No (ex-Clerks) ne se prive pas de confirmer les promesses affichées par ce concert. Inspiré et ne s’en tenant pas à un format figé, loin s’en faut, le rock de ces potes d’autres excellentes formations telles que Billy Gaz Station ou Jettators nous met en joie quel que soit le chemin emprunté. Et s’ils débutent avec un Suzy R à l’énergie punk bienvenue, riffant comme on l’aime, frontal et sans failles, les nordistes déploient un talent certains dans des sonorités plus apaisées (Dead Birds) bien que toujours vitriolées par ces guitares insubordonnées, renouant ensuite avec un rythme plus affirmé sur le valeureux The Same Old Song. Simple, bien ficelé, massif en certaines occasions (Down In The Sewer et son riff remarquable), le rock des Denyals fait mouche à chaque titre et si l’on est heureux d’en avoir ici huit à se mettre sous la dent, on n’en attend qu’avec plus d’impatience la sortie d’un premier long-jet. Impatience aiguisée par Memories, alerte, entre voix punky et guitares aussi fines que tranchantes, ou ce Who Killed the Idiot aux gimmicks presque funky, noyés dans le flux d’un rock vif, urgent, qui m’évoque brièvement Mark E.Smith et The Fall. La comparaison est bien évidemment à porter au crédit des lillois, lesquels nous livrent ensuite un I Want You lui aussi remuant, qui vient s’ajouter à la liste de leurs réussites, puis un Foretaste instrumental aux motifs géniaux.
Enfin, c’est aux phocéens de Happy Family que revient la tache de clôturer les festivités, et le groupe fondé par l’iranien Serge Fhontransmani se montre largement à la hauteur de ses prédécesseurs en nous offrant cinq morceaux oscillant entre grunge, garage, punk et acoustique suivie d’envolées noisy superbes (superbe U & I). Le groupe cite des influences multiples, et on se rend compte à l’écoute qu’il les a parfaitement assimilées. Leur Cum’ Down introductif, fonceur et semblable par son allant à certains titres des Denyals, allie mélodies et rudesse rock avec bonheur, puis Let the Boys évolue dans ce même domaine, attractif au vu de l’équilibre trouvé entre prétentions mélodiques et écarts plus rock, noisy, qui fleurent bon les 90’s. Arrive ensuite un Sides Of Men aux riffs secs, vivace et lui aussi immédiatement convaincant, doté d’une guitare volubile et captivante. Puis c’est Pay To Play, aux rythmes changeants, d’abord modéré puis plus vigoureux, qui ferme la marche avec brio.

Excellente compilation donc, le contraire eut été surprenant s’agissant d’une telle structure, généreuse et de haute qualité, qui suscite d’une part l’incoercible envie de découvrir plus en avant les groupes qui y figurent, et d’autre part de se plonger dans les productions Nova Express, dont je peux vous dire qu’elles satisferont à coup sur leurs auditeurs, qu’on espère nombreux.