We Are ENFANT TERRIBLE

Entre électro et power-pop, giclées rock et séquences irrésistiblement groovy, Enfant Terrible et l'émoustillante Clo au chant. On en a une belle série comme ça en France, de I Am Un Chien à Cristal Palace en passant par Mensch dont fait partie la très douée Vale Poher...
Deux tubes en cadeau, et c'est marre.


Enfant Terrible - Snap dragon
Enfant Terrible - Lobster quadrille

The Hot Rats...le complément idéal à Supergrass

The Hot Rats, soit Gaz Coombes et Danny Goffey, deux membres de Supergrass, ça doit suffire à produire quelque chose d'un tant soi peu potable. Les deux boys font mieux que cela et, en s'appuyant sur une super série de reprises de goûts (Sex Pistols, Gang of Four, The Cure, Beastie Boys, Costello, Bowie...), aidés par Nigel Godrich, livrent un album, Turns Ons, qui va nous rendre l'attente du prochain Supergrass bien plus supportable.
En cadeau, trois de ces covers frappés du sceau de la classe toute british de ces énergumènes...

The Hot Rats-Damaged Goods
The Hot Rats-Pump it up
The Hot Rats-Queen bitch

Forever dull...

1993; année musicale parfaite s'il en est, étant données le nombre de sorties sublimes qui ont eu alors lieu. Entre autres: Four-calendar Café, Black Tie White Noise, Coverdale-Page (éponyme, bien évidemment; mais quel disque!!!)... Pourtant, le grand fantasme sonore viendra de Cincinnati, alors que The Afghan Whigs sort ce qui peut être considéré comme son troisième album, Gentlemen; le chef-d'oeuvre du groupe, fabuleux diptyque complété peu de temps après par l'aérien et noir Black Love (pas vraiment jovial, comme son titre l'indique, donc...).

Forte de son expérience assez éphémère dans l'écurie Sub-Pop, la bande de Greg Dulli se décide à renforcer ces guitares déjà incisives et affutées entendues dans le précédent Congregation, prémice d'un chaos annoncé. Comme si le groupe avait décidé de rendre encore plus corrosives des sonorités déjà fracassantes, âpres, douloureuses. Tout ici, des batteries aux basses, mais surtout cette voix souvent proche de la fausseté (sans pour autant déranger le moins du monde), déraille, quitte les sentiers battus du rock, prend des chemins de traverses défoncés et boueux. Alors l'auditeur tombe, s'écorche, se relève et se remet à courir, titube, mais avance encore et toujours, dents et poings serrés. La douleur de ce disque est palpable, sourde, violente; la limite entre dépression et révolte n'existe plus. De ces guitares tranchantes et aiguës, de ces cordes vocales usées par l'alcool et les drogues douces-amères, l'ambiance devient pourpre et lumineuse, éreintante et dramatique, romantique et furieusement palpitante (autant que le coeur puisse tenir), dont la chanson "Debonair" reste à jamais le point culminant, le sommet jamais atteint depuis, mais toujours envié.

Gentlemen, disque de la rupture et de la rébellion musicale; OVNI musical inégalable, dans lequel chaque détail est ciselé jusqu'à la blessure. L'inévitable rayon noir du rock US...

The Afghan Whigs - Debonair
The Afghan Whigs - Fountain And Fairfax
The Afghan Whigs - When We Two Parted

Rinôçérôse, l'électro-rock "from Montpellier"

Sorte de "dream-team" de l'électro, jugez donc de ce line-up de folie:
Patrice "Patou" Carrié (bass), Jean-Philippe Freu (guitar), Florian Brinker (guitar), Frédéric Pace (drums), Johnny Palumbo (programming). Guest singers : Ninja, Anna Muchin, Jessie Chaton, Mark Gardener, Bnann, Luke Paterson, Dominique Keagan, Nuutti Kataja. Producers : Johnny Palumbo, Shakedown, The Bloody Beetroots, Jagz Kooner. Rinôcèrôse et ses titres dansants et explosifs, dont nous vous offrons deux exemples détonnants.

Rinôçérôse-Stop it
Rinôçérôse-Cubicle

Beak, le nouvel objet sonore non-identifié....

Geoff Barrow (Portishead), Matt Williams (claviériste de Team Bricks) et Bill Fuller (bassiste de Fuzz Against Junk), voilà de qui se compose Beak ("Rupture" en Anglais, le terme semblant de nature à décrire la zik de ces trois gus). Superbe curiosité qui, si certains titres ont du mal à décoller, recèle de superbes compos et s'avère, au final, assez addictive.
Un peu psyché, un peu krautrock, surtout "autre" donc digne de l'esprit Surchauffe...

Beak - Backwell
Beak - Iron acton

Pas de Printemps pour Marnie et ses reprises acoustiques et électro, splendides, de My Bloody Valentine

Basé à Toulouse, Pas de Printemps pour Marnie, c'est à dire J.B. Isnardi accompagné de quelques amies, a sorti un magnifique album de reprises acoustiques, gentiment électro, de morceaux des deux classiques de Kevin Shields et sa troupe, Isn't anything et Loveless. Une véritable splendeur....et une relecture magistrale, qui parvient à égaler en intérêt des morceaux fabuleux. Merci Surchauffe...

Teenage Sin Taste, vous n'y résisterez pas...

Wil, ancien Sasquatch (rock grungy à la Drive Blind), compose maintenant seul et nous pond des perles électro-cold-rock magistrales sous le nom de Teenage Sin Taste. Sur son Myspace, à la lecture de sa disco, de ses remixes et de son top amis, vous comprendrez vite à qui vous avez affaire. Et dire que ce mec talentueux au plus haut point cherche un label...
En cadeau, quatre titres du formidable CRASH(ed) à paraitre bientôt. Petite précision; les voix de Love Kills Slowly sont incomplètes...et c'est une bombe malgré tout!

Teenage Sin Taste - Some girls are (darker than others)
Teenage Sin Taste - Love kills slowly
Teenage Sin Taste - 12 stories
Teenage Sin Taste - Japanese pleasures

Playlist #4 // Passons l'hiver



Amis du lendemain paisible, ici s'agenouille la délicatesse étouffée d'un folk mielleux et minimaliste; entre l'hiver & l'automne, la lenteur & la fausse motivation. Une partie de l'Amérique nous suit en semant quelques petits pois entre deux épaves musicales : The Middle East. Une instrumentation minutieusement calibrée pour ne pas peser tout en restant présente, qui se glisse au fond de nos oreilles sans se faire remarquer; c'est de cette fusion que naît le talent de nos pêcheurs non-conformistes. Ce groupe Australien n'attend pas nos hochements de tête pour nous séduire couverts d'ondes simplistes & épurées.


De l'autre côté du monde, Will Stratton & sa voix chargée d'un charme délicieux nous envoûte avec 4 pistes épouvantables pour notre santé mentale. Habilement montées, entre guitare fourbe et choeurs péchés au fond des glaciers, l'ambiance se crée et nous enveloppe du début à la fin dans un tourbillon émotionnel atrophié.


Pascal Barbare croque et recrache sans aucune prétention un folk couvert de brume rappelant parfois un shoegaze patient & défoncé. Des guitares qui se fondent comme des violons en cage, une sensibilité hivernale dans la voix légèrement monotone de l'ami. On écoute et on se tait.



Quelques groupes à savourer au creux du petit feu, pour trouver le courage de passer l'hiver entre un café brûlant et des pieds congelés par un froid trop humide pour être apprécié. Des bercements de rêveries intemporelles, douces mélodies folk et finesse des accents, ton suave, habiles maniements de doigts sur guitares cabalistiques.

These New Puritans, osé, exigeant et au final passionnant


Beat Pyramid, d'obédience post-punk, à défaut de classification, et c'est tant mieux, possible, avait déjà produit un effet monstre. Autre, dansant, froid, mécanique, l'univers de These New Puritans surprend, pousse l'auditeur dans ses derniers retranchements et, près de l'inciter au renoncement, livre à l'arrivée toute sa richesse, toute sa profondeur. Ici, les brittaniques osent, poussent plus en avant encore cette formule hybride et sans équivalent connu. Ce Hidden qui ne le restera pas longtemps déroute, prend la tangente, balourde un hip-hop sombre génialissime aux côtés de morceaux aussi kitsch que délibérément expérimentaux, cherche sa voie au détour de contrées sonores splendides et ingénieuses, et finit par trouver...nos sens, mis en joie par ces écarts réjouissants aussi casse-gueule qu'aboutis. Un must dont, je le rappelle, vous ne prendrez la mesure qu'au bout de plusieurs écoutes; mais c'est bien là la marque des grands, non?

Nitzer Ebb, retour gagnant


Si certaines reformations donnent lieu à de cruelles déceptions, celle de Nitzer Ebb, trio indus londonien auteur entre autres, il y a un bon bout de temps, d'un Ebbhead magistral, est aussi réussie qu'elle était attendue dans les sphères de l'électro underground. Et ce Industrial complex bourré jusqu'à la gueule de hits électro-pop, superbement équilibré entre sonorités old-school et plages modernes damant le pion à la plupart des groupes oeuvrant dans ce créneau, novateur, convaincant jusque dans ses moments les plus "conventionnels", éclabousse de sa classe la production actuelle. Cet opus des vétérans est une perle de tout premier ordre et fera date, soyez-en surs.
J'en profite d'ailleurs pour évoquer au passage l'excellent mag D-SIDE, immanquable de l'actualité musicale et culturelle underground, au panel captivant et diversifié, consacré aux ziks "différentes".

Nitzer Ebb - Down on your knees