Legendary Pink Dots+Attrition // The terminal kaleidoscope

Je savais peu de choses de ces groupes, hollandais pour le premier, brittanique pour le second, atypiques, si ce n'est qu'ils pratiquent une musique hybride et assez cold, avant de tomber sur le site de Mecanique Populaire, label basé dans le superbe bois de Cise, à Ault, qui plus est dans mon département. J'ai alors contacté la personne gérant la structure pour finalement la rencontrer et lui acheter, donc, une réédition de Trespassers W ainsi que celle-ci, concernant donc The Legendary Pink Dots et Attrition , limitée à 500 copies et retraçant leur tournée commune de 1984.
Superbe objet au format 45 tours et au contenu à l'image de ce que dit la page de présentation de Meca: musiques bricolées, expérimentales et polymorphes. Un son cold-wave, new-wave, rock, électro, sombre, dérangé et délibérément déviant, et des ambiances dont vous ne pourrez/voudrez plus vous défaire. Ca m'évoque le meilleur de nos Kas Product cultes, duo de génie formé par Spatsz, infirmier en psychiatrie ayant viré sa blouse blanche pour s'adonner à la zik, et Mona Soyoc; c'est dire si c'est bon!
A noter que les groupe ont repris leur l'activité et tournent à nouveau, et disposent de jolis sites, pleins de surprises démentes...

Bettina Koester // Queen of noise

Pour ceux qui ne connaitraient pas Bettina Koester, petit rappel précieux: celle-ci fut, avec deux "rescapées" d'Einstürzende Neubauten première période, la fondatrice de Malaria! , formation féminine culte du rock allemand et de la scène cold/new-wave de l'époque, dans un Berlin hautement inspiré.

Depuis, Bettina a pris ses distances avec l'industrie musicale, s'adonnant à des projets "autres". Puis en 2007, l'envie lui est revenue, et de sa collaboration avec des musiciens venus de Berlin, de Vienne et du sud de l'Italie nait ce superbe album, sorte de version "réactualisée" de Malaria, entre essais au sommet (Ocean drive), électro bondissante, rock tranchant et vagues cold. Le tout sur douze titres qui à aucun moment ne faiblissent, la native d'Allemagne de l'ouest se permettant même de reprendre les Beatles en ouverture (Helter skelter, ni plus ni moins, dopé à l'électro mécanique et groovy, magistral!), puis le Velvet avec un Femme Fatale aussi poignant que l'original, doté d'un fond sonore sobre et délicat. Le cap des reprises brillamment franchi, les compositions personnelles étoffent la palette de belle manière, comme ce Crime don't pay (stupid) assez cosmique, déchiré par des riffs brefs et tranchants et perverti par un chant à la fois froid et presque sussuré, ou Fianc' a fianco qui met en valeur la magie émanant des trames sonores, prenantes à souhait, dressées par Bettina et ses acolytes. A l'image des grands, de ceux qui disposent d'assez d'audace et de talent pour engendrer un rendu dont la seule origine se trouve être leur esprit fertile et déviant, Bettina brasse, détourne, malaxe et ne recule devant rien, comme sur Regina et son électro spatiale et hachée ou ce Holy water à l'ambiance intriguante, calme en apparence mais qui exhale un certain trouble.

Plus loin, Grab me réinstaure ces séquences électro célestes, truffées de sons judicieux, puis Confession renoue avec les atmosphères poisseuses et envoûtantes dont l'Allemande a le secret, avant que Pity me ne valorise une voix chaude, sur un fond jazzy-cabaret avenant. Comportant de nombreuses références à Pier Paolo Pasolini, l'album impose ensuite un Via Pasolini vif, pas éloigné de Malaria!, complètement addictif, obsédant à l'extrême, relevé par des guitares nerveuses (l'opus décrit en ces lignes en compte une belle fournée, ce dont on se réjouit forcément), et prend fin sur Thar she blows, fin et revêtu d'un apparat sonore chatoyant.

Hybride, pouvant être assimilé à un Objet Sonore Non Identifié, ce "Queen Of Noise" bien-nommé constitue un coup de maître et marque un retour dont la matérialisation sonore risque, de par sa nature et sa valeur, son génie omniprésent, de ne trouver aucun prétendant valable sur l'échiquier international. Superbe disque, unique et définitif.

Torpen, trance electrostatique


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Les diaologues sont tirés du film Requiem For A Dream que je vous recommande fortement si vous n'avez pas déjà succombé. Anxiogène quelque part.

Valravn, transe nordique...


Avec la découverte de labels hors-normes survient souvent l'avènement de groupes animés par le même esprit et avec Prikosnovénie, label basé à Clisson, j'ai fait, après Orange Blossom il y a déjà quelques années, la "trouvaille" de formations aux albums superbes, Valravn étant de celles-ci et nous gratifiant d'un Koder pa snor inégalable qui fait suite à un premier opus éponyme lui aussi remarquable.

Entre flamboyance acoustique, chaleur de l'instrumentation et élans d'esprit rock, le tout saupoudré d'une électro-folk aux teintes médiévales superbes, de légères touches indus et j'en passe, les danois tissent des canevas musicaux de toute beauté, ne manquant pas de caractère comme les deux offerts ci-dessous. Une voix féminine proche de l'organe de Bjork magnifie le tout, sur Sjon par exemple ou l'électro-acoustique des musiciens se fond à merveille avec une voix pure et très sobre, et des plages sombres mêlées à ces embardées moyennageuses magiques produisent un effet significatif (Seersken). Le panel sonore, fruit de l'ingéniosité des intervenants, d'une inspiration omniprésente, charme sans rémission et part en certaines occasions dans des territoires soniquement inédits. Un voyage musico-géographique riche en émotions, tantôt dépouillé (Lysabild et son duo vocal remarquable étayé par un violon aigre-doux), en d'autres moments légèrement plus étoffé (Koder pa snor, le titre d'ouverture), et un groupe atypique, originaire, ce qui explique peut-être en partie le côté "pluri-ethnique" du rendu, d'endroits très différents. Danemark, Suisse, Norvège, voilà entre autres les provenances, dont le quintet semble reprendre à son compte le climat âpre pour élaborer des morceaux soufflant le chaud et le froid avec maestria.

Découverte impérative, cela va sans dire, et frissons émotionnels garantis.
A noter que l'album est dispo sur le site de Prikosnovénie, celui-ci réservant bien d'autres surprises engendrant des sensations similaires.

Covers // Eleanor Rigby


Les petits chorales évasives sont littéralement folles d'" Eleanor Rigby ", célèbre & magnifique chanson des Beatles écrite par McCartney parue sur Revolver en 1966. Pain et son métal propret défonce les violons & rentre dans le vif de la chanson, sa quintessence, sa mélodie. Hintz massacre la chanson à coup de vieux ton sarcastique, d'une atrocité surprenante, et pourtant la guitare tourne tranquillement dans son coin. Un jam un peu chiant, l'adrénaline pure d'Aretha Franklin portée par sa voix sûre & avenante (introuvable en téléchargement), un blues décortiqué aux orgues vaporeux & guitares sous wha wha par Booker T & The MG's, groupe de soul instrumentale éphémère et inventif.

Dondero High School - Eleanor Rigby
Pain - Eleanor Rigby
Christopher Hintz - Eleanor Rigby
Elevator Suite - Eleanor Rigby
Jerry Garcia Band – “Eleanor Rigby Jam” (via)
Booker T. & The MG's - Eleanor Rigby (via)

Red Space Cyrod, de chez XcRoCs

Après Cave Canem et Conger! Conger!, c'est au tour de Red Space Cyrod, duo formé par Cyrille Poumerie (Cyrod) et Jay Echeverr ia (Red Space Cadet), ceux-ci opérant par le biais d'internet (Cyrille est basé à Paris, Jay à Los Angeles) et réussissant le tour de force de composer d'irrésistibles ritournelles pop, psyché et shoegaze brumeuses, enlevées et savamment acidulées, d'avoir droit à quelques lignes ayant pour modeste objectif de décrire leur univers.

Il s'agit ici de leur second ouvrage, intitulé El Secundo! et poussant plus en avant encore le travail fourni sur l'inaugural To Telescope. Sur deux cd au format "maison", c'est à dire 8 cms, et treize titres, c'est un jeu de piste déroutant et captivant qui nous est proposé, R.S.C. s'amusant à construire, et déconstruire, des mélodies hybrides, parfois haut perchées (Suggestive), à d'autres endroits alertes et gentiment noisy (Never eat your cigaret), souvent frappées du sceau d'un shoegaze s'acoquinant avec d'autres éléments musicaux. Sur Releaser, par exemple, c'est une sorte de noisy hip-hop aux faux airs de One Inch Punch qui s'impose à l'auditeur tout en exhalant des relents psychés, et indus, bienvenus. Le brassage fonctionne à merveille et des séquences électro à la fois cotonneuses et perturbées (Communicat) apportent un plus à cet ensemble décalé et ingénieux.

Le second cd est bien évidemment du même tonneau, Basta Road, complainte planante et grinçante mettant fin au premier volet, y trouvant de dignes successeurs, comme Goodbye And Hi, exercice pop-rock concluant, porteur comme nombre d'autres de ces mélodies chatoyantes mais jamais conventionnelles quant à leur vêture sonore, ou le plutôt folk Sending My Love, sobre et presque lo-fi dans ses sonorités. Une tension parfaitement muselée relève les titres du duo et dès lors que celui-ci calme singulièrement le jeu, il en résulte un superbe morceau comme Transillusion, auquel succède Pulsation et ses griffures soniques appréciables.

En ajoutant à cette liste les deux chansons proposées ci-dessous, et les deux marquant la fin du deuxième volet (Brand Of Lettuce et son électro dépaysante, puis Raining et ses cordes majestueuses), on tient entre nos mains un objet au contenu aussi singulier et insubordonné que ce que ce label décidément incontournable peut habituellement nous donner à découvrir et à écouter. Bon voyage!

Playlist #3 // Il fait -8000


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Diantre il fait un froid de gueux on gèle on se les caille il doit bien faire -8000. Mais putain c'est noël alors on va bien pouvoir vivre ça encore un ou deux jours, avant de s'étaler dans le mousseux à la dinde sans chausser ce qu'il fallait.

Noël est une période d'inexorable merde pour la musique; on coffre tout les grands maîtres, hop jim morrison hop hop nirvana hop toute la tripotée de classiques en coffrets classieux, illustrés, légendés, visibles, écrit en gros caractères. Il y a aussi les puritaines chansons puritaines ressorties du placards par des groupes un peu indés, auxquelles on ajoute quelles cloches, un funambule et des petits christmas de temps en temps. Mais le pire, le sacré du pire; c'est Dylan. Il s'enfonce avec sa voix périmée dans l'inconfortablement niaise comptine de noël avec un orchestre coincé sur son album au nom d'une association caritative pour enfants sans machoires : Christmas In The Heart. Bien évidemment, c'est Dylan, et tout est pardonnable à Dylan, puisque c'est Dylan.

Julian Casablancas -  I Wish It Was Christmas Today
Et noël passe comme un cachet dans la soupe puisqu'il y a cette incontestable classe un cheveux rebelle un cheveux sale. Julian s'en sort donc bien & écrase l'ambulante merde de cette vague de joie.

Band Of Horses - The First Song
On pense à un vieux groupe indie sans originalité avec l'instrumentation efficace et simple, jusqu'à ce que cette voix nous possède.

The Hooves - A Hooves Christmas
Tu ne mérite rien. Si noël te fait chier autant que moi, tout ce baratin pour un truc dont on a bien oublié l'origine, rallie toi à ce caca.

Richard Hawley - Silent Night
 Richard Hawley est celui qui, si intimement, se lie avec ses auditeurs par cette douceur infinie. Ici, pas de cliché, juste une émotion pure. Magnifique reprise.

The Snowballs - Song About Christmas
Ils s'en sortent pas mal; s'en sortiraient sans doute beaucoup mieux si le chanteur savait chanter.

Et puis il y a aussi ce vieux Christmas album de Sufjan Stevens.

The Willowz // Everyone


J'ai mis du temps à savoir ce que je pensais réellement de cet album. Ayant toujours adoré chez les Willowz l'ambiance acérée & bordélique, les guitares grinçantes, la voix aigüe du moche Richie & l'atrophiée batterie qui se démène tant bien que mal dans un coin de mon oreille droite; j'ai abordé cet album avec beaucoup d'excitation. Seulement voila, problème de sauce dans les pâtes. On dirait surtout que le moche Richie a apprit à chanter; et ça me désole, puisque les guitares perdent de leur grincement, les fûts mollement martelés sont de plus en plus clairs & l'on peine à s'y perdre. Disons pour simplifier que la curieuse ambiance juvénile a été amputée depuis le dernier album; la sauce a perdu de son goût, de son piment. Cependant, les pâtes sont toujours là; ces quatre laids et leurs épouvantables chevelures qui nous crache à la gueule un "tuez du hippie" cinglant. Ces quatre effroyables pacifistes léthargiques n'oublient pas d'envoyer la pâtée habituelle, sur les même riffs discordants (une gratte à droite, une gratte à gauche, et la basse un peu à la trappe) les même tons désinvoltes où ils récitent purement leurs affolantes aventures californiennes. Et puis cette façon négligente de claquer des phrases le temps d'un soupir, de gémir en rythme sans affoler toute la chanson; source du talent & de l'ambiance papier-carton-chewing gum des Willowz. Science Of Sleeps de Michel Gondry est évidemment le film qui colle à cette mini débauche juvénile, où les Willowz sont parfaitement coincés entre une histoire d'amour tordue et les création matérielles en plastique ciseaux d'un jeune brun timide.

Ce que j'aime particulièrement chez les Willowz, c'est qu'ils ne roulent pas des mécaniques, n'essayent pas de passer leurs ondes là où l'on refuse, ne se fringuent pas dans le cliché profond (oui, doux style vintage) ; ils sont totalement dénués d'une prétention qui n'a pas lieu d'être, mis à part en ce qui concerne les petites chemises qui puent le cow-boy qui peuvent constituer une certaine recherche esthétique...

Voila, les Willowz font de la musique de moche, qui ne touche que les moches. C'est pour cela que les Willowz ont leur petite place bien rembourrée dans le rock crasseux actuel, et que leur pâté pour moches si bien aiguisé nous envoie une bonne barre à la gueule. Tu es moche, je suis moche, tu fais de la musique de moche; et comme je suis moche, j'aime ta musique de moche.

Trêves de plaisanterie, j'attends depuis trop longtemps que les Willowz s'écartent de leur trou à rat et soient enfin reconnus en France, hors champs arty; comme d'excellents rockeurs savant torturer le treble frétillant jusqu'au hurlement fanatique en y ajoutant une nasillarde déclaration d'amour toute aussi aiguisée. Everyone est bon, Everyone est excitant, mais Everyone n'est pas aussi excitant que Talk In Circles (crépitant) ou Chautauqua (très très crépitant) puisqu'Everyone reflète la maturité, la responsabilité (juste un peu, mais déjà trop). Il attache les Willowz à un poteau d'infusions post-adolescentes tout en gardant des paroles pétasses & immatures. Une boue de paradoxes crasseux. Everyone est tout de même le support de très bonnes chansons, qui n'attendent pas plusieurs écoutes pour gicler ("Jimmy James" foutraque jusqu'aux reins, mais surtout l'excellent "Everyone" dernier morceau martelé avec jouissance, refrain excellent, assez détaché le l'album). Le single injecté sur la toile il y a quelques semaines est finalement mauvais par rapport au reste de l'album, paraît morne & plat lorsqu'on le compare à "Way It Seems" aux allures changeantes & virant vers tout les bords à la fois où l'on retrouve cette fameuse façon de chanter du moche Richie. De plutôt bons morceaux finalement.

Mais ce qu'il manque cruellement à cet album, c'est une grosse injection d'insouciance. A part ça, tout y est, bien en place, bien carré, bien dégoulinant

The Willowz - Jimmy James
The Willowz - Way It Seems
The Willowz - Everyone

Oh Johnny


Crache soufflète et récupère ton centimètre carré de libre pour apercevoir la musique la vraie, celle qui te fera vibrer jusque sous les ongles.


Johnny Foreigner -Palace Fires
Johnny Foreigner - Ghost the festivals
Johnny Foreigner - Custom scenes and the parties that make them (Yardie Party remix)

Bosque Brown, oubliée derrière l'arbre qui cachait l'amérique

C'est la fin de l'année, l'heure des bilans, des listes, des contacts, des mensonges, des prévisions, des bonnes résolutions, des constats, des calculs. 2009, année brute et saccagée, violentée par des déchirures sonores vicieuses et du décoffrage ingénieux. Il est temps de couler sous la neige, de se laisser voguer sur cette douceur d'hiver sans sombrer entre les murmures agaçants de la rebelle fille rebelle de Gainsbourg. Mais plutôt virer vers l'amie mystique & reposante Mara Lee Miller, qui a parfaitement nommé son groupe Bosque Brown, nom d'un fleuve Texan d'où elle est originaire. Un melting pot d'influences souillées, du blues, du gospel, de l'americana, de la country, du folk (si le folk veut encore signifier quelque chose aujourd'hui). On s'enfonce jusqu'au cou dans ce doux marasme, ces délicieuses ambiances de cheval hippie fumé, de fausse bouse de vache et de guitares verdâtres recouvertes de mousse, dans une clarté impeccable.

Heliogabale, more noise...


L'un de nos étalons noise, prêt à sortir son nouvel album. Et dire que ce groupe cherche encore un label, après nous avoir pondu "The full mind is alone the clear" et tous ces skeuds de folie...
Mesdasmes et messieurs, Heliogabale...

Heliogabale - Bullet in ya belly
Heliogabale - Meine natur

Pain Teens, à la croisée des styles, déviant, déroutant et captivant

 Assez incroyable, distordu, psyché, noise et j'en passe: PAIN TEENS. Cocktail sulfureux, déglingué, à boire à grandes lampées. Le groupe n'existe plus, mais nous avons BLISS BLOOD, l'ex chanteuse "lyricienne", dans un registre tout aussi déroutant et passionnant. Acoutez entre autres son "Tar pit"...

The CaVe CaNeM // Ssoiffé? ou rrache!


Voici venu le moment, pour continuer mon tour d'horizon de la révélation que constitue XcRoCsrecords et ses groupes "inobéissants", de parler de CaVe CaNeM, dont la particularité est de réunir les deux responsables de la structure, Jul et Fred. On reste d'ailleurs dans le cadre local et "familial" puisque ce sont les deux autres Kill The Thrill, collègues de Fred, qui interviennent sur cet album, Nicolas Dick se chargeant de la prod' et Marylin Tognolli, l'élément féminin du génial trio marseillais, signant le titre "Fast car".

Avec une telle équipe, le risque d'échouer, il faut l'avouer, était inexistant, et CaVe CaNeM affiche là une identité stylistique, et un savoir-faire, détonnants et égaux en qualité à ce qui émane des productions XcRoCs. Fred gère le chant, la guitare et les programmations, Jul fait de même en substituant son saxo ténor énorme à la guitare, et les deux acolytes accouchent d'une noise cuivrée mâtinée de punk'n'roll du meilleur effet, qui arrache tout sur son élan dès le "More noise for Edmond" (l'Edmond en question y trouvera son compte et même bien plus...) inaugural. Rythme saccadé ou (souvent) plus direct, chant "Dickien" affirmé que vient parfaitement épauler Jul, saxo généreux et parcourant tous les registres avec facilité, guitares de feu, directes et massives, génèrent un résultat entièrement individuel, qui nous tiendra en haleine, et nous cognera sans ménagement, mais avec un sens de la construction indéniable et une spontanéité appréciable, jusqu'aux dernières notes de "Russian", dernier titre ébouriffant de la seconde "face" d'un album formé de deux 8cms.

Le titre conçu par Marylin étant de même teneur, rapide, intense, on a l'impression, au long de ces huit morceaux, de se trouver en présence du parfait hybride entre le Prohibition de "Towncrier", la folie rythmique de Binaire et la profondeur de Kill The Thrill (j'aime ce groupe, oui, et je me réjouis d'en retrouver l'influence, jamais excessive et bien assimilée, chez nombre de groupes estampillés XcRoCs), et on ne peut que s'incliner devant la survenue d'un duo encore une fois atypique, assez doué et insubordonné pour engendrer et imposer sa propre touche, jusqu'à ce titre, "Tonton Dédé", délirant et sur lequel la cohésion trouvée par messieurs De Benedetti et Lemonnier surprend et permet une fois de plus une réussite totale.

En ajoutant à cela un "Against religion" incoercible et à peine bridé, sauvage et incandescent, ou encore "Improve yourself", trompeur de par son intro d'opéra à laquelle succède une plage made in CaVe CaNeM soniquement imparable, nous sommes incontestablement en présence d'un duo qui fera parler de lui et qui, dans le même temps, honore de façon significative son label, à l'image de ce "Porc II" de haute volée.

More noise...comme ils le disent, et un vrai régal sonore.

Edward Sharpe & The Magnetic Zeros


Un film trituré, manipulé asséché puis ravivé. Une longe épopée gorgée de découvertes et de joyeux innocents curieux; un long voyage oscillant entre les genres & les cultures, au son d'un peu tout ce qui peut faire du bruit, de claquements sur le parquet pourri aux sifflements printaniers.

Je sais j'en suis sûre, "Home" me suivra tout l'hiver, sous la neige sous la mauvaise humeur sous le froid; agrémentant mes journées de cette touche autant africaine qu'anglaise, autant sèche qu'acide. M'en lasser est sans doute impossible tant chaque écoute me dévoile une autre face, un autre indice monté par une tripotée d'ingénieux fanatiques.

Conger! Conger! // Conger! Conger! (EP)



J'ai récemment abordé le sujet du label XcRoCsrecords, voici venue l'heure, après en avoir mis en exergue la précieuse originalité, d'évoquer ses sorties, toutes de grande valeur et collant parfaitement à l'esprit qui anime Fred et Jul, les deux "tenanciers" avides de musiques différentes et décalées. Pour ce faire, je fais le choix, en attendant les indispensables Red Space Cyrod et CaVe CaNeM, de ce tout premier EP de Conger! Conger!

Ce trio marseillais offre en effet sur les cinq titres de ce beau 8 cms une palette sonore élargie et constamment attrayante, aucune faute de goût, bien au contraire, n'étant ici à déplorer. On part d'un morceau post-punk époustouflant, "My Neighbour's Dreams", aux relents Gang Of Four bien digérés, gorgé de guitares volubiles et acérées (ce titre m'évoque d'ailleurs, c'est dire son excellence, ma dernière révélation en date: les brestois de Mnemotechnic), pour conclure sur ce "Nevermind" noise, saccadé et groovy, qui lui me rappelle Heliogabale. Le contenu est donc plus que crédible, et Conger! Conger!, produit ici par Fred de Benedetti et Nicolas Dick (deux Kill The Thrill, peut-on espérer mieux?) y apporte une touche personnelle, comme le saxo de Julien Lemonier sur ce même Nevermind énorme et déroutant, qui ralentit pour prendre fin sur une note percutante, sorte de trans-noise à la Marvin entièrement irrésistible.

Entre les deux, il y a par exemple l'émotionnel "Haunted", capable de damer le pion au The Notwist de Pilot, et qui par son côté pur et léger, complète magnifiquement le panel des intervenants, qu'il convient de mettre en avant pour ces morceaux d'une perfection totale.

Plus loin, "Clouds" nous fait don d'une atmosphère légèrement plus vivace mais porteuse d'une sensibilité similaire, étayée par des sonorités spatiales ingénieuses. De surcroît, le chant en Français, utilisé pour ce titre, passe remarquablement bien et en fait une réussite de plus, à laquelle succède "Man+Child=Gun". Long de plus de 7 mns, celui-ci sonne comme le parfait compromis, simultanément doucereux et noisy, de ce que Conger! Conger! sait faire, et offre un break de toute beauté, tendu et alternant les climats avec une grande maitrise tout en usant de voix, samplées si je ne m'abuse, du meilleur effet.

Inutile d'en dire plus, on tient en ce ressortissant de chez XcRoCs un nouveau candidat, au potentiel considérable, à la prise en main d'une scène "autre" à laquelle ses compagnons de label sont également susceptibles d'apporter d'excellentes choses.



Alice In Chains; le chapeau de paille brûlé



(P)
C'est carrément l'impression que me balance ce groupe devenu ringard ringard ringard à force de toujours conditionner l'esprit grunge à l'identique depuis vingt ans. On tourne en rond donc; mais le rock plus ou moins stoned plus ou moins brutal de cette tripotée d'enculés sur Black Gives Way To Blueest est tout de même prêt à déraciner deux ou trois colonnes vertébrales, hors concerts.

Mesdames et messieurs, nous flottons dans l'espace...



JustifierAu hasard de visites diverses sur plusieurs autres blogs musicaux à caractère, dirons-nous, informatif (remarquez bien que je n'ai pas parlé de téléchargement...), on tombe parfois sur d'excellentes surprises; comme, par exemple, cette réédition du magnifique album de Spiritualized, chef-d'oeuvre des années 90, qui a bousculé, remué, démoli et salement amoché le rédacteur de ces lignes; "Ladies And Gentlemen, We Are Floating In Space" sort donc en édition "Super-Deluxe" (ça ne s'invente pas), dans un coffret de trois CD regroupant démos, remixes, réinterprétations... Au départ, l'idée fait peur: J. Spaceman aurait-il des problèmes d'ordre monétaire pour ressortir son classique? Tant pis, on est accro ou on ne l'est pas, donc, on récupère les disques, et on écoute...

Bon, soyons francs: 12 ans après sa sortie, le disque n'a pas vieilli, bien au contraire, comme il est possible de l'entendre sur le premier CD, reprenant l'intégralité de l'album, qui achève encore et toujours de pourrir l'inconscient pour mieux le purifier. Premiers accords, et on replonge sans comprendre pourquoi l'effet est toujours aussi bouleversant. Donc, le disque passe, sans s'arrêter; et la dépendance revient, chacun redevient le "drug-addict" nourri aux tablettes prescrites dans le livret de ce disque (qui, rappelons-le, se présentait sous la forme d'une notice de médicament; rien que l'idée était déjà sensationnelle, bien que risquée...). Et l'envie d'aller plus loin se fait de plus en plus pressante. Donc, disque 2: et là, les différentes versions de pratiquement chacune des chansons s'enchaînent sans discontinuer, dans un torrent de bruits et de vagues silencieuses. La version "uncut" de Ladies and Gentlemen est tout simplement à pleurer; celle, plus nerveuse et à fleur de peau de No God, Only Religion, à vif, directe, frappante, violente et sombre. Deux exemples parmi tous les autres titres, mais qui reflètent l'impression que donne cette version longue de l'album; entre expérimentation floydienne (on pense parfois à Alan's Psychedelic Breakfast dans la manière de combiner les différentes interprétations d'un seul et même morceau) et réorchestrations assumées, on assiste à la genèse d'un chef-d'oeuvre, par ses coups d'éclats, ses actes manqués, ses mélodies qui se chantent et se composent sans cesse, évoluent, deviennent mutantes et entêtantes. Pas un moment d'ennui, sur plus de trois heures de musique.

En sortant cette édition, Jason Pierce invite chaque auditeur aussi bien à partager sa vision de la création musicale (chaotique, celà va de soi; ce ne serait plus Spiritualized, sinon), mais permet également aux fans ultimes du disque de découvrir la version "director's cut" de cet album que le NME avait, en son temps, élu meilleur album de l'année; ce qui est facilement compréhensible. Alors on fouille, on décortique, on écoute encore et encore, on se prend même à se dire que telle version, ou telle idée, aurait eu sa place dans le choix final des orchestrations de ce joyau; l'interactivité totale, l'offrande faite au dieu-auditeur, le trip ultime. Indispensable...

Thompson Rollets // 1986-1993

Avec les Real Cool Killers "from Clermont" (Ferrand bien sur...), auquel un dvd que je sais déjà riche et précieux sera bientôt consacré (ne le ratez pas!!) les Thompson Rollets, venus eux de Périgueux, ont droit à leur anthologie sous la forme de ces vingt-trois titres et autant de bombes entre hardcore mélodique à la Burning Heads, rock'n'roll direct et sans fioritures, parfois plus mélodique mais toujours "wild", et écarts stylistiques eux aussi franchement réussis comme cet essai bluesy concluant qui ferme la marche.
Entre l'album "Thompson Rollets, Brutal Deluxe", paru en 1991, et les quinze titres tirés de split EP's, compilations, démos ou encore des cd accompagnant le fanzine Rock Hardi, tout est là, rien n'est à jeter -est-il besoin de le préciser-, et pour 10 malheureux euros, vous avez la possibilité de vous offrir l'antidote idéal à la "britisherie ambiante" contre laquelle il sera bientôt nécessaire de se faire vacciner. L'aiguille est prête, l'infirmière riffe dur et le remède est jouissif et foutrement efficace...c'est parti!

Thompson Rollets - Can't define it

Thompson Rollets - Rollets blues (yeah yeah Thompson Rollets)

Tu peux aussi passer ta vie à manger des fourmis

oOoOO


Ce qui fait que tu en crèvera ou non est la façon dont cette symbiose désarçonnée te bouffera les tripes. Ici il y a de quoi se faire du soucis puisque cette expérimentation musicale tourne & retourne avec patience & élégances mes viscères. A part hallucinogène, aucun mot ne s'apparente mieux à cette pop vaporeuse & lointaine qui enveloppe délicatement les tympans armée de doux soundfonts mielleux et de beats anxiogènes. Pas de prouesse technique & de lourdes armées pour envoyer la vibe, il est simplement question d'ambiance, de ressenti. Inutile de s'échauffer la voix ou d'accorder sa gratte, on plonge directement au fond des machines lentes & progressives pour finir confondus avec une matière crémeuse & hallucinée. De quoi rendre fou ceux qui n'ont jamais léché le vent un matin d'été sur une pointe fragile au milieu de nulle part. Soit tout le monde, ou presque.

Bästard // Yet, reloaded... Recorded live Roma/1994 - Poitiers/2005

Fondé sur les cendres des in-con-tour-nables DEITY GUNS, auteurs dans les 90's d'un "Trans-lines Appointment" de folie, BÄSTARD, mené par Eric Aldea, fut l'un des étalons noise hexagonaux et internationaux, nous gratifiant d'un premier album éponyme, puis d'un "Radiant, Discharged, Crossed-Off", énormissimes. Largement au niveau des pointures étrangères, la formation lyonnaise nous fit la surprise de se reformer pour une seule et unique occasion, en 2005; les vingt ans du Confort Moderne, illustre salle de concert basée à Poitiers. Ils y donnèrent un set époustouflant, sauvage, indomptable, dont ce double cd, assorti d'un second live enregistré à l' "époque", à Rome, en 1994, tout aussi percutant et passionnant, volontairement non-dégrossi, constitue un superbe témoignage.
Je joins à mon article le lien vers la bio de BÄSTARD sur Ici d'Ailleurs, où vous trouverez aussi la page DEITY GUNS (le coffret "A recollection" sorti il y a quelques mois est une pure merveille).
Avec HINT et maintenant ZËRO, mes références noise ultimes...

Bio Ici d'Ailleurs Bästard
Bio ici d'Ailleurs Deity Guns

Bästard - Chinatown (live in Poitiers 2005)

Bästard - Big s (live in Roma 1994)

Histoire de


On arrive là; je passe des heures à triturer un fût pour qu'ils sonne comme je l'entends, et puis je finis par tout jeter. Donc j'ai décidé de reprendre une chanson; simple à jouer, simple à chanter. à voir de l'oeil le plus clair.

XX - Lili (U turn) (Aaron cover)

Port O'Brien


Je n'avais qu'une envie, c'était de me glisser dans la mer gelée sans me rendre compte des effets négatifs, de ce que l'avenir me claquera physiquement. L'adrénaline circula & me flanqua un énorme frisson; puis, j'ai sauté, en vidant tout ce que ma tête pouvait contenir. Je m'y suis glissée lentement en sautant brutalement dans cette eau glacée, oubliant le paradoxe, & mon corps entier a refroidi l'espace d'un instant, je n'ai plus rien suivi, plus rien compris. J'étais là où je ne jamais je n'aurai dû être & une véritable sensation de liberté m'inonda. Le froid m'envoya une décharge électrique inquiétante.
C'est ce sentiment typique qui me possède à l'écoute des quelques titres à l'odeur salée de Port O'Brien doublé de celui qui donne l'impression que la chanson te parle, cherche à te toucher sans superficialité, de la façon la plus simple possible, sans encombres.


Et une excellente session de la blogothèque dans un gentil bar New Yorkais

DUNGEN can be god



Mon dieu je viens de réaliser que je n'ai encore jamais craché sur cette surface plane le groupe qui m'a rendue totalement frappée & qui m'a envoyé d'un claquement sec vers le rock purement psychédélique, aux douces chansons semblables à de longs trips inspirés & fiévreux. C'est presque plus profond qu'une déclaration frénétique d'un amour perdu de la musique, c'est une fusion directe entre ce que perçoivent mes oreilles démantelées et les frissons qui me parcourent électriquement le corps.
Précisément, une chanson, une seule, une seule plage sonore d'un peu moins de 5 minutes. Vous la décrire m'est totalement impossible, puisque cette chanson n'est rien, n'est issue de rien, n'emprunte rien et ne crache rien; elle est simplement sortie d'un monde imaginaire, et quelques virtuoses multi-instrumentistes nous l'on transmise. Ainsi un psychédélisme ni moderne ni vintage ni hype ni crapoteux ni violent ni acidifié nous plonge la gueule dans une marre infinie d'influences, d'idées, d'envies.
Dungen est un groupe Suédois, inspiré d'une scène de Folk Suédois qui m'est totalement inconnue et bien évidemment de la pêche confite des 60's; qui compte aujourd'hui 6 albums et un EP discret sorti en 2005. Le dernier album, 4, sorti en Septembre 2008 est celui où figure la chanson qui m'a renversé l'estomac et vrillé la tête dans un tube multicolore.

Dungen - Sätt Att Se

White Denim et le garage se barre


Vous n'imaginez pas l'orgasme sonore que j'ai éprouvé à la première écoute de "I Start To Run" de ce trio salement rock'n'roll; un des seuls groupe qu'on peut aujourd'hui taper comme groupe rock. Leur style est un garage choux fleurs qui suinte la négligence adolescente où vont se caler un peu de punk, un peu de psyché tourbillonnant,un peu de hip hop claqué. Un marasme aussi brut & limpide que violent & crachoteux. Et c'est souvent sur les chansons les plus simples qu'on claque le meilleur trip. Alors go on.


White Denim - I Start To Run

White Denim - Paint Silver Gold

Sabbath ta mère


 Les Blacks Sabbath sont de hareng bien digérés, aimez plutôt Georges le hippie. (via)
Oubliez Them Crooked Vultures c'est de la mini daube en boîte; un gigantesque vent du vieux bourbon de Black Sabbath a du leur souffler à la gueule (ou peut être pas), le groove y est peut être, mais trop peu comparé aux balancements arrachés & guitares grasses et salissantes des quatre bombes du heavy metal : Ozzy Osbourne, Tony Iommi, Bill Ward & Geezer Butler. Ici trois titres de leur premier album enregistré en deux temps trois mouvements en 1969 à Londres et sorti en Février 1970.

Black Sabbath - N.I.B.

Black Sabbath - Sleeping Village

Black Sabbath - Warning

XcRoCS Records, super petit label tenu par un membre de...Kill The Thrill et CaVe CaNeM.


Fred de Benedetti, puisque c'est de lui qu'il s'agit, propose un catalogue "déviant", éclectique et attractif à souhait, avec l'aide de son collègue Julien, autre moitié des géniaux CaVe CaNeM. Les billoutes n'utilisent que le format cd 8 cm, ce qui permet des produits finis superbes et musicalement énormes. N'hésitez pas à écouter les extraits directo sur le site et le Myspace, vous nous en remercierez après! Cyrille de RED SPACE CYROD m'avait prévenu; "un label à surveiller", me disait-il sur un petit mot accompagnant l'envoi de son superbe nouvel opus. Il ne croyait pas si bien dire! Entre noise, shoegaze, indus, duo déjanté saxophone ténor-guitare/machines (Fred y égale même les KILL THE THRILL, c'est dire la qualité du truc!), une flopée de groupes souvent méconnus, que je vous somme d'aller découvrir toute affaire cessante...
Y'a même les frappadingues marseillais de Binaire, si avec ça vous n'êtes pas convaincus...

Et puis pour que NOISE en parle, inimaginable d'avoir affaire à des pleupleux! Merci Cyrille au passage...et bonne écoute à vous.

Site XCROCS RECORDS
Myspace XCROCS RECORDS


Red Space Cyrod - Suggestive

Red Space Cyrod - Never Eat Your Cigaret

Playlist #2 // Morose morose, la suite avec ma version du sujet...

Je fais d'emblée le choix d'afficher une photo des MEGA CITY FOUR, quatuor anglais dont le chanteur, Darren "Wiz" Brown, a passé l'arme à gauche fin 2006, faisant couler mes larmes, les premières versées pour un artiste qui, par ses paroles, ses chansons et sa voix d'une grande sensibilité, m'a tout simlement permis d'évacuer beaucoup de choses et de maintenir une certaine forme d'enthousiasme.
C'est donc par "Rose Couloured" que débutera ma série de chansons tristes, dont vous vous rendrez compte qu'en dépit de cette tristesse, elle peuvent être dotées de tempi soutenus, comme c'est le cas pour celle-ci, ou, à l'inverse, exhaler un désabus profond dans leur climat tout en étant dotées de "lyrics" moyennement pessimistes et d'un rythme hypnotique.

Question avant tout de ressenti, comme sur le "Lovesong" de The Cure, "amoureux" à souhait et pourtant soniquement mélancolique, ou le "Here" de Pavement, ou encore Morrissey qui se dit qu'en dépit de nos "réussites", on peut être malheureux...et toutes les autres, qui comme l'a si bien dit ma "collègue", évoquent chacune un moment précis de notre existence et font rejaillir moults souvenirs attendris, colériques, larmoyants, amers et que sais-je encore.

Enfin, de ces chansons se dégage une beauté mystérieuse, étincelante, une élégance et une émotion que seul ce genre de compo peut engendrer.
Bref, inutile d'épiloguer, bonne écoute à vous et n'hésitez pas à nous livrer, vous aussi, vos ressentis, quels qu'ils soient...

Mega City Four - Rose couloured
R.E.M. - Leave
Deus - Hotellounge
The Smashing Pumkins - Disarm
The Cure - Lovesong
The Cure - Just like heaven
The Smiths - Heaven knows I'm miserable now
Pavement - Here

Best Coast; cop-copine lo-fi


Putain l'ambiance faussement négligée, au point qu'on entendrait presque les postillons & les craquements de semelles au fond d'une nappe sonore lo-fi qui me fait penser à un croisement chimique entre les Smith Westerns & Ty Segall, mais avec une voix féminine hésitante et sûre à la fois. Évidemment une tonne d'influences 60's, une tonne de reverb, une tonne d'acide & quelques pâtés de sable. Pour ne pas me répéter à claquer des "furieusement bons" à tout va; je pense plutôt à soporifiquement élégant.

Best Coast - When I'm With You

Best Coast - Something In The Way

Playlist #2 // Morose morose


Il y a vraiment un truc dans les chansons tristes. Il y a celles qui rappellent le premier slow, le premier patin, celles qui vous enfoncent dans des souvenirs arrachants, imprégnés de nostalgie, d'envie, de jalousie. Il y a celles qui sont réellement tristes, au point de vous arracher des larmes sur le moment, là, alors que vous vivez tranquillement trois feuilles dans le nez le pied dans l'arbre votre vie paisible. Ces chansons sont rares, personnelles, lacrymales et dures. Ceci n'est que mon point de vue, donnez le votre, celles qui vous font frissonner mélancoliquement le bas du dos par quelques accords, voix, soupçons de mélodies.


Neil Young - The Needle And The Damage Done
La base.

Jeff Buckley - Dream Brother
Ou comment porter la fragilité d'une voix à son paroxysme en quelques minutes, sur une orchestration lumineuse & discrète. Un légère montée dramatique, de quoi essayer de se préparer à se prendre ces arpèges féeriques en pleine gueule, un soupçon d'ultime overdrive lacrymale rajoute le paquet. On y est presque. Furieusement furieusement bon.

Portishead - Strangers
Un morceau violent & brut peut toucher là où un léger"Hallelujah" frôle. Cette chanson est habile, fragile, explosée de l'intérieur, et atrocement anxiogène. Surtout; cette voix altérable perchée sur un fil tendu, lui même branlant, fixé au dessus d'un gouffre sans fond. Une étendue sonore infinie se mêle à cet extraordinaire manque qui règne et décompose peu à peu le morceau.

Eddie Vedder - Long Nights
Into The Wild n'aurait jamais été si bon si le leader de Pearl Jam n'y avait pas sniffé sa guitare en y calant sa voix rocailleuse et puissante. Ici, comme dans tout l'album; point d'effet, de superficiel, un strict nécessaire pour ce folk délicat et modeste, une émotion directe qui pénètre droit dans le mou.

Nirvana - Plateau
Jamais on aurait cru que Cobain avait cette rage si délicate en écoutant Nevermind. Voila pourquoi le monde s'étouffe de joie mélancolique avec l'unplugged de New York; cette puissance mélodique et son côté acoustique mystique.

Saez - Jeunesse Lève Toi
Damien Saez incarne la dépression chronique d'une vie rongée de remords, de questions, d'un passé. Cette voix, ces textes, on s'en crève les yeux, on en redemande.

El Goodo; où la pop psyché serait à son paroxysme


On me file ce second album d'El Goodo, groupe psychédéliquement synthétique de son état; et pour moi ce groupe était un mangeur de Small Faces, de Byrds, après coup; genre l'album était sorti milieu 70's. Mais jarnicotons Cré nom de nom bande de crétin des Alpes nous sommes en 2009 et le groupe au nom le plus mielleux du mois nous inonde paisiblement les oreilles de flopées tellement psychédéliques qu'on en vire les globules rouges. Parfois on tombe tout de même dans le cliché pur, le trop trop vintage trop "comme" avec " Aren't You Grand " ou " Pete ". On pardonne.
El Goodo - Oh, To Sleep

El Goodo - Feel So Fine

Raleigh Moncrief

C'est toujours sympa de s'éclater, trémousser frénétiquement sur autre chose qu'une house inimaginative & bateau. Point de confession, point de sacrifices, Raleigh Moncrief habille ses rythmiques dubstep de mélodies hallucinées d'un psychédélisme cru & juvénile. Le mélange est adroit, ingénieux, accrocheur.
Raleigh Moncrief - Similes
Raleigh Moncrief - Combed Over Chrome
Raleigh Moncrief - Goldrush

BLUE CHEER; acclamation !


Le bassiste & chanteur de Blue Cheer Dickie Peterson est mort il y a un peu plus d'un mois à 63 ans au milieu de ses Harley Davidson. Excellente bombe de stoner rock défoncé, le groupe s'est fait connaître par la reprise de fureur inquiétante "Summertime Blues" d'Eddie Cochran. Et pop, top 15 des charts aux USA en 68. Et pop, plus qu'un cacheton. Oui, il faut savoir que l'homme, aussi blond et touffu soit-il, est un excellent bout de chair; il a gagné l'Oscar des fumeurs de pétards (High Time Doobie Award) & a passé sa vie enfoncé dans les réalités parallèles (Blue Cheer est un type de LSD) en léchant gentiment ses jolies basses (croyez moi, chanter si bien avec ses tripes et garder ce groove si cool à la basse est un truc de dingue). Ici les 6 titres de leur premier opus sorti en 68, Vincebus Eruptum qui influenca d'une violente griffe les tripotées heavy par la suite. On pourrait s'exclamer" En exclusivité, en intégralité !!!! " mais je ne travaille pas encore chez Auchan.

Blue Cheer -  Summertime Blues
Blue Cheer - Rock Me Baby
Blue Cheer - Doctor Please
Blue Cheer - Out Of Focus
Blue Cheer - Parchment Farm
Blue Cheer - Second Time Around

Gang of Four - toujours là ?


À l’occasion d’un festival indie au gibus, spécial papes ultra-branchés du rock, dans les caves violacées et fumantes, ambiance érotico-toxico-musicale, un retour sur une scène indé-punk était fortement conseillé.
Première étape de cette remise à jour, le groupe anglais le plus connu de la scène pas connue, traduisons « underground » pour faire pro: je vous le donne en mille, c’est Gang of Four (vous noterez au passage le subtil jeu de mots)
Quatre étudiants de Leeds, qui à l’époque n’avaient pas encore Facebook, et ne pouvaient pas encore faire partie du groupe de ceux qui adorent le CBGB ou être ami avec Tom Verlaine de Television.
Qu’importe, à l’époque on savait faire parler de soi sans faire chier tout son réseau social merdique. Alors évidemment, pour parler de Gang of Four, on parlera d’Entertainement ! Parce qu’il faut bien le dire, après ça, le groupe n’est qu’une succession de come-back plus ou moins ratés. Fin des années 70, les 4 autres garçons dans le vent posaient donc la pierre angulaire d’un rock-punk-funk, on-sait-pas-trop-où-le-mettre, qui se danse, et qui allait inspiré les futurs protégés du label domino (Franz Ferdinand, Arctic Monkeys, Bloc Party) ou même les RHCP ou autres Fugazi, et Sonic Youth. Une sorte de musique première intention, Gill fait de la guitare comme Bukowski écrit des lignes, c’est un joyeux bordel pourtant très carré. À ma droite, une Guitare funk à moitié (dés)accordée, son aigu, clair et grinçant. Presque autant que les paroles. C’est du vrai punk, la rage est là, les convictions. À ma gauche on rajoute une basse rondouillarde mise en exergue, ce fut ainsi que naquit le punk revendicatif de dancefloor, « et dieu vit que cela était bon. » Pour faire court: Aliénation (Damaged Goods), anti-amour (Anthrax), politique, colère - les textes regorgent de thèmes qui foutent les nerfs, font lever le poing en criant « mais putain mais qu’Est-ce que c’est là j’ai envie de péter un truc »
Single Punk (ça existe ça ???), Damaged Goods, est l’une des meilleures chansons que les années 70 nous aient pondues.
Dans cette noirceur très rouge, rouge de la jaquette (et je ne parle pas ici d’orientations sexuelles), les Vrais cocos du punk anglais, loin devant des Who lavés à l’Omo (et je ne parle toujours pas d’orientations sexuelles merde, la rigidité de vos mœurs vous monte à la tête), sont les porte paroles d’une génération qui a soif de gueulante, et de musique nouvelle.
Les Geezers sont des enfants de ce club qu’on appelle CBGB outre atlantique. À coup sûr c’était la bande son des ébats de Charles Windsor dans ses jeunes années, lors de ses fornications Under the consentement of the Queen (non non non et non, je ne parle pas d’orientations sexuelles, c‘est pas vrai ça). C’était l’époque où, pour faire comme le prince, les petites british non plus, n’avaient rien sous le kilt. Pendant ce temps là dans l’Albion, Les 4 potes turbulents eux, en avaient dans le froc
« Two steps forward, six steps back », si on était polémistes, on dirait qu’ils avaient raison, et que 40 ans plus tard, ça n’a pas vraiment changé.
Alors, par pitié, faites nous de la musique comme ça !! On en redemande !! Donnez nous enfin une vraie raison d’apprécier les caves punk branchées regorgeant de groupes branchés punk.

Nova Express Records // Kaiser Hunters For Royal Beavers


Label géré de main de maître par l’expérimenté et ingénieux Lucas Trouble, Nova Express Records, basé à Chagny, nous a déjà réjoui avec les albums de formations telles que Plastic Invaders, clermontois au rock’n’roll racé et furibard, ou encore les Franc-Comtois de Wayward Gentlewomen et leur rock réminiscent des Violent Femmes. Son catalogue est large et de qualité constante et Lucas Trouble a de plus la bonne idée de sortir ça et là des compilations présentant ses groupes, dont celle décrite en ces lignes, qui en dévoile quatre pour la bagatelle de vingt-trois titres. On est donc gâtés et là encore, de superbes découvertes nous sont réservées, à commencer par les clermontois de Gadwin, le gang des frères Rigaud, pour ensuite enchaîner avec The Marshmallow Dykes, de Paris, The Denyals, de Lille, et pour finir, les marseillais de Happy Family.
C’est donc Gadwin, auteur d’un superbe album ("NoObjEctiON") il y a déjà un moment, qui nous balance cinq titres d’un rock grungy, délibérément 90’s et qui par leur qualités éveillent chez l’auditeur une vive nostalgie de cette époque riche en groupes aux guitares torturées et aux productions délicieusement approximatives. Le trio montre, en plus de cela, une étonnante capacité à convaincre dans un registre plus nuancé (Against you), ou plus massif (Open), ou encore saccadé (Rose Red), les voix de Frank et Frédéric Rigaud, adroitement épaulés par la batterie d’ Alexandre Sawicki, contribuant incontestablement au pouvoir de séduction des Auvergnats, qui finissent sur un Behind bien positionné entre délicatesse acoustique et envolées mélodiques plus électrisées.
Excellente entrée en matière donc, que les Marshmallow Dykes se chargent de prolonger en proposant eux aussi cinq morceaux taillés dans leur «Tenebrae Rock'n'Rollae » comme ils se plaisent à le définir, de façon très juste, sur leur Myspace. C’est un Black Surf très Cramps qui ouvre le bal, surf comme son nom l’indique, et très convaincant. Leur répertoire se situe à la croisée du rockabilly et d'un psycho-punk, évoquant, c’est un atout supplémentaire, les Washington Dead Cats. Subtilité et attitude nettement plus « wild » font ici bon ménage et le quatuor encanaillé par la voix Murdock DK nous gratifie entre autres d’un Paris City Girls digne des pointures du genre, ou d’un Foxy Knoxy percutant, à la fois déviant et distingué, qui donne envie d’en entendre plus, sachant que la formation a sorti un album.

Seconde trouvaille notable donc, à laquelle succèdent les Denyals, dont je connais d’ores et déjà les aptitudes pour les voir vus en live, il y à peine un mois, dans un caf’conc’ de ma ville. Leur prestation avait été de belle facture, rock à souhait, sans fioritures superflues, et le trio drivé par les sympathiques Erreïp (ex-Waterguns) et No (ex-Clerks) ne se prive pas de confirmer les promesses affichées par ce concert. Inspiré et ne s’en tenant pas à un format figé, loin s’en faut, le rock de ces potes d’autres excellentes formations telles que Billy Gaz Station ou Jettators nous met en joie quel que soit le chemin emprunté. Et s’ils débutent avec un Suzy R à l’énergie punk bienvenue, riffant comme on l’aime, frontal et sans failles, les nordistes déploient un talent certains dans des sonorités plus apaisées (Dead Birds) bien que toujours vitriolées par ces guitares insubordonnées, renouant ensuite avec un rythme plus affirmé sur le valeureux The Same Old Song. Simple, bien ficelé, massif en certaines occasions (Down In The Sewer et son riff remarquable), le rock des Denyals fait mouche à chaque titre et si l’on est heureux d’en avoir ici huit à se mettre sous la dent, on n’en attend qu’avec plus d’impatience la sortie d’un premier long-jet. Impatience aiguisée par Memories, alerte, entre voix punky et guitares aussi fines que tranchantes, ou ce Who Killed the Idiot aux gimmicks presque funky, noyés dans le flux d’un rock vif, urgent, qui m’évoque brièvement Mark E.Smith et The Fall. La comparaison est bien évidemment à porter au crédit des lillois, lesquels nous livrent ensuite un I Want You lui aussi remuant, qui vient s’ajouter à la liste de leurs réussites, puis un Foretaste instrumental aux motifs géniaux.
Enfin, c’est aux phocéens de Happy Family que revient la tache de clôturer les festivités, et le groupe fondé par l’iranien Serge Fhontransmani se montre largement à la hauteur de ses prédécesseurs en nous offrant cinq morceaux oscillant entre grunge, garage, punk et acoustique suivie d’envolées noisy superbes (superbe U & I). Le groupe cite des influences multiples, et on se rend compte à l’écoute qu’il les a parfaitement assimilées. Leur Cum’ Down introductif, fonceur et semblable par son allant à certains titres des Denyals, allie mélodies et rudesse rock avec bonheur, puis Let the Boys évolue dans ce même domaine, attractif au vu de l’équilibre trouvé entre prétentions mélodiques et écarts plus rock, noisy, qui fleurent bon les 90’s. Arrive ensuite un Sides Of Men aux riffs secs, vivace et lui aussi immédiatement convaincant, doté d’une guitare volubile et captivante. Puis c’est Pay To Play, aux rythmes changeants, d’abord modéré puis plus vigoureux, qui ferme la marche avec brio.

Excellente compilation donc, le contraire eut été surprenant s’agissant d’une telle structure, généreuse et de haute qualité, qui suscite d’une part l’incoercible envie de découvrir plus en avant les groupes qui y figurent, et d’autre part de se plonger dans les productions Nova Express, dont je peux vous dire qu’elles satisferont à coup sur leurs auditeurs, qu’on espère nombreux.

Sleepy Sun; on avait pourtant dit que les hippies, c'est fini


Des chansons à rallonge, une allure digestive arrogante, ce blues synesthésique viré sur des mélodies si psychédéliques qu'on aime dès la première écoute. "White Dove" m'a captée, hapée, entrainée dans ce marasme dégueulasse et vintage où l'instrumentation riche et réfléchie inonde d'une tranchante guitare tranchante mes lapidées oreilles lapidées. On change d'ambiance et de douceur toutes les minutes de peur de tourner en rond, alors on s'étend délicatement sur une intro minimale puis explosée à la Entrance Band, guitares tournoyantes et roundpan exigeant. Parfois on vire dans le pire du glauque (autour de 5:40), avant de s'étaler et répandre une boue collante nettoyée par une pseudo ballade folk faussement niaise. Putain! Ce morceau est un album entier à lui même, il concentre l'inventivité, l'énergie et les émotions d'une quinzaine de titres tirés par tout les côtés.
Sleepy Sun et ses manèges hallucinants (également visuels) aux petits airs de Black Mountain et de Black Angels nous boufferons tout l'hiver. J'éspère.

Sleepy Sun - New Age
Sleepy Sun - White Dove
Sleepy Sun - Snow Goddess

Who#1 // Kill For Total Peace


Et un jour ils tueront peut être les sales hippies huppés, en attendant ils s'explosent la mâchoire dans un éclat psychédélique. ils lisent peut être la bible et sont souvent aussi frais que des poivrots vernis, en tout cas ils dégueulent une fraîcheur fiévreuse d'un rock bien sympathique. addictions & morts soudaines.

How are you gonna die?
Overkilled by death

What is your favorite shit?
Good question. Probably the morning one just after coffee and a
cigarette or the one you held in until you got home after a night at
your new girls house

What is your favorite song?
The song thats gonna make me a millionaire

Why you can't sleep?
I sleep fine, I have TOTAL peace of mind

What are your addictions?
Walking, thinking, fucking, smoking and drinking, but I'm trying like
fuck to give them up...

Do you think you're a genius?
"When a true genius appears, you can know him by this sign: that all
the dunces are in a confederacy against him"

Describe yourself in two words
No Ice

For who you wanna die for?
Give me ONE good reason do die for someone... I would rather kill for...

Who you wanna kill?
all the hippies

Who you wanna be?
briSS Örtefëux

A last word
Kill for.....? Make your own choice